Resident Evil : The Outcast Chronicles

1998 : Destruction de Raccoon City. 2001 : Affaire Rockfort Island. 2003 : Chute d'Umbrella et avortement du projet T.A.L.O.S. 2009 : Echec du projet Uroboros et mort supposée d'Albert Wesker. 2010? L'histoire reste à écrire...
 
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 Faute de zombies, il reste la musique !

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Alma
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Date d'inscription : 03/05/2010

Feuille de personnage
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MessageSujet: Faute de zombies, il reste la musique !    Sam 15 Jan - 19:19

La semaine avait été particulièrement calme. Remplissant des missions de second ordre, Alma avait pu consacrer plus de temps à sa grande passion musicale. Elle avait découvert à côté de la salle de détente, confortablement meublée, s'en trouvait une autre bien plus petite. Dans un coin se trouvait un piano à queue noir, quelques chaises disposées autour dos à une grande baie vitrée bordée de plantes vertes. Une fine couche de poussière s'était déposée sur chaque objet, montrant que la fréquentation de cette salle laissait à désirer. La jeune fille avait minutieusement rendu sa splendeur au piano, caressant les touches avec une infinie délicatesse. Elle s'était appropriée l'endroit, puisque personne n'y venait. On lui avait même donné les clefs, faisant confiance à la musicienne. Elle avait pu ranger un peu sa chambre et ramener quelques instruments qui étaient restés au Conservatoire. Ainsi, les chaises se retrouvèrent alignées le long d'un mur, une seule avait gardé sa place un pupitre installé en face. Le piano se trouvait lui aussi dans une zone plus lumineuse, une douce lueur parcourant le bois laqué rendait toute sa noblesse à l'instrument. Alma avait aussi installé une chaîne stéréo dans un coin, en veillant à ce que les haut-parleurs rendent le meilleur son possible. Ensuite, des étagères apparurent au-dessus des chaises, portant un nombre impressionnant de partitions en tout genre, certaines feuilles menaçaient de tomber à chaque instant. Les plantes gardèrent leur place.

Ce jour-là était différent des autres. Alma avait posé un jour de congés. Elle avait passé la matinée dans « sa » salle, étudiant une partition au piano, concentrée, un crayon à la main pour ajouter quelques petites remarques aux passages qui lui posaient problème. Pendant trois heures, elle était restée assise, jouant sans interruption. Après une courte pose durant laquelle elle rangea les étagères, la jeune femme posa un casque sur ses oreilles, mit un disque dans la chaîne et passa deux heures à écouter un concerto, prenant des notes. Les agents qui passaient dans la salle de détente jetaient un coup d'œil curieux et restaient pensifs face à l'image qui s'offrait à eux : Alma assise à même le sol, calepin et crayon à la main, les yeux fermés, écoutant, aucune expression au visage. Ils refermaient ensuite la porte, le plus silencieusement possible et s'en allaient. Une sorte de respect les prenait à l'esprit face à la musique, qu'ils écoutaient rarement.

A midi, Alma se releva, enfourna calepin et partitions dans son sac, le passa en bandoulière et quitta la salle, fermant la porte derrière elle. Le pas léger, elle se rendit dans son café préféré. Lorsqu'elle poussa la porte, une clameur l'accueillit. Elle sourit et s'installa au comptoir.

Iollan : - Voici notre musicienne préférée. Qu'est-ce qu'elle prend aujourd'hui ?

Alma : - La même chose que d'habitude !

Iollan : - Et un irish coffee, un !

Alma : - Voire deux ! J'en ai besoin !

Iollan : - Tu répètes beaucoup ?

Alma : - Ce matin, c'était surtout de l'écoute. J'ai revu la partition au piano. Cet après-midi, je me lance.

Iollan : - Ils t'ont appelé un peu tard quand même...

Alma : - Un peu ? Oui, ils m'ont demandé hier d'être prête pour ce soir !

Iollan : - Rien que pour ça, je t'offre un irish coffee !

Alma : - Oh je vais m'arranger pour ce genre de surprises m'arrivent plus souvent alors !
Iollan : - On va tous venir te voir ce soir.

Alma (s'étouffant à moitié) : - Ahahaha...c'est une blague ?

Iollan : - Mais pas du tout.

Alma : - Oh non...

Iollan : - Tu représentes mon café quand même !

Alma : - J'y vais pas pour de la pub !

Iollan : - Non mais arranges toi pour parler de mon pub !

Alma : - Il y aura beaucoup d'Anglais, tu sais.

Iollan : - Il y aura une hausse des prix...ah l'inflation, quelle poison !

Alma : - D'accord, d'accord !

Le premier verre arriva devant elle. Et son portable vibra. Alma décrocha, sortant en même temps ses partitions de son sac.

Alma : - Oui ? C'est moi oui. Pour ce soir ? Oui oui, ça ira parfaitement. Ne vous en faites pas. Mais dites moi donc, je vous en prie. Bach ? Avec ses suites ? Pour ce soir aussi donc ? Non non, ça ira vous dis-je. Mais oui, je les ai déjà travaillé il y a peu de temps. Pensez-vous ! Cela ne me dérange pas le moins du monde. Dans quelle salle dites vous ? Qu... Aha oui. Mais ce n'est pas celle qui était prévue. Elle est plus grande non ? Ah parce que il va y avoir plus de monde. De part le fait oui. Mais euh... Comment ? Non ça ira. Oui, à ce soir.

Elle raccrocha, livide.

Alma : - Iollan...

Iollan : - Oui ?

Alma : - Je suis dans la m... Enfin j'ai un problème.

Iollan : - Quel est-il ?

Alma : - Je dois savoir en plus les Six suites pour violoncelle de Bach. Et il semblerait que le public soit plus important que prévu. Je...stresse !

Elle laissa sa tête tomber sur la table avec un soupir consterné. La large main de l'Irlandais lui tapota l'épaule et il posa un autre verre à côté du premier. Lorsqu'elle redressa la tête, une page de sa partition était collée sur son front. Un rire secoua la salle, elle se joignit volontiers à eux et vida les deux verres rapidement. Rangeant ses affaires, elle salua.

Alma : - Mets ça sur ma note, j'ai pas le temps pour te payer.

Iollan : - Avec ta performance de ce soir, je serai payé à vie !

Elle sourit, fit le tour du comptoir et posa un baiser sur sa joue. Iollan prenait un rôle paternel avec la jeune femme, sans doute parce qu'il n'avait pas eu d'enfant. Elle jouait le jeu, presque ravie quand le vieil Irlandais la grondait gentiment sur ses paiements en retard. Elle fila ensuite, courant dans les rues, bousculant quelques personnes au passage et s'excusant sans s'arrêter. Arrivée à la base, elle ne ralentit pas le pas, les agents l'évitaient de justesse, surpris de la voir foncée à une telle vitesse. Alma se rendit d'abord dans sa salle, l'ouvrit, balança son sac et remonta vers les chambres, enjambant les marches trois par trois. Elle poussa sa porte sans ménagement et la referma avec la même délicatesse brutale.

Panique à bord, panique à bord, panique à bord !!!
Et le contrôle de soi, tu connais ?
Rah mais tais toi !
Les Suites tu les connais par cœur.
Mais pas le concerto. J'aurai pas de partitions. Comment je vais faire ?
Te poses pas de questions.
Facile à dire...

Elle entra dans sa salle de bain et constata avec consternation l'état de ses cheveux, ébouriffés avec quelques mèches rebelles.

Je vais pas avoir le temps de m'en occuper après.
Alors fais le maintenant.


Une douche rapide, un séchage rapide de sa tignasse et quelques minutes pour en faire la lisser. Elle la rassembla ensuite dans un chignon bien serré, une seule mèche y échappa, encadrant son visage. Alma prit ensuite une tube d'une crème épaisse, couleur chair et entreprit de masquer les cicatrices et le reste de son numéro d'immatriculation sur sa nuque. Ceci fait, elle enfila la robe qu'elle devait porter le soir même pour le concert. Une longue robe noir, soulignant sa taille fine, s'élargissant vers le bas pour lui laisser plus d'aisance avec son instrument. La jeune femme regarda le résultat dans son miroir et fit une petite moue.

Bon...ça devrait aller.
Répète maintenant !


Elle sortit, descendit plus lentement les escaliers, n'ayant pas l'habitude des talons. Sur son passage, les agents se retournaient. Ce genre de rencontre était rare dans une base comme celle du BSAA. Alma ne les remarquait même pas, révisant déjà les notes mentalement, essayant de gérer son stress. Elle poussa lentement la porte de la pièce où elle allait travailler le reste de la journée et avança lentement vers un étui de taille moyenne pour en sortir un violoncelle et son archer. Le disque se trouvait toujours dans la chaîne. Elle débrancha le casque, prit la télécommande et s'installa sur la chaise. Le soleil brillait encore avec force, bien que quelques nuages rendaient le ciel orageux. Alma écarta le pupitre, posa correctement le violoncelle, fermant un instant les yeux. Elle commença à jouer, la partie de l'orchestre se trouvant sur le disque. Cette première partie du concerto reflétait une mélancolie profonde, le violoncelle semblait pleurer alors que l'orchestre répondait avec une certaine douceur. La jeune femme s'appliquait, plus paisible. Les notes venaient tout naturellement, ses doigts les avaient retenu. Elle profita d'un silence pour monter le son du disque, se visualisant déjà dans la salle, imaginant les spectateurs, assis, qu'il fallait envouter par la musique. Elle joua avec passion. Les sons s'échappaient parfois, se glissant sous la porte, titillant l'oreille des agents qui s'arrêtaient quelques minutes, se collant à la porte pour écouter avant de repartir, un peu rêveurs.

L'après-midi passa rapidement. Une heure avant son départ, la jeune femme révisa rapidement les Six suites, le stresse rongeant lentement sa patience et sa confiance en elle. A 19h, elle quitta la salle, l'étui de son violoncelle à la main, et sortit de la base. Une voiture sombre l'attendait devant le portail. Pour la soliste de la soirée, les organisateurs s'étaient laissé aller à prendre un chauffeur. Alma n'avait pu s'empêcher de rire à cette idée, en se demandant quand est-ce que le garde du corps viendrait renforcer l'escorte. Un homme sans âge lui ouvrit la porte et rangea l'instrument dans le coffre. Pas de méfiance pour la jeune femme, qui était très occupée à répéter mentalement. Rien n'éveilla ses soupçons lorsque le véhicule s'engagea dans une rue sombre, à l'opposé de la salle de concert. Une bombe aurait très bien pu exploser à côté d'elle, elle n'aurait pas réagi. Aussi fut-elle surprise lorsque la voiture s'arrêta dans un cul de sac.

C'est pas vrai...

Elle venait de se faire enlever comme une abrutie. Pour le coup, elle n'était même pas sûre qu'un concert soit au programme de la soirée. Deux choix s'offraient alors à elle. Soit savoir pourquoi le chauffeur tentait un peu vainement de l'emmener ailleurs ou de faire n'importe quoi d'autre et elle serait dans l'obligation de l'exploser. Soit elle l'explosait tout de suite.

Fais pas de manière. Explose le.
Je communique moi avant d'exploser les gens !


Le silence se faisait lourd dans l'habitacle. Alma ne bougeait pas, pianotant nerveusement sur son genoux. Le chauffeur se retourna alors vers elle et planta son regard dans le sien. La jeune femme cilla légèrement, paralysée sous se regard inquisiteur et terriblement triste. Elle redoutait les paroles qui allaient suivre, sans savoir pourquoi. Sa soirée serait une catastrophe, cette certitude s'éleva en elle. Elle se crispa légèrement. Il parla.

Chauffeur : - Il est temps que tu te souviennes, Alma.

[Ellipse : plus tard dans la soirée]

Le concert avait été un triomphe. On ne comptait plus les rappels, les bouquets que la soliste reçut avec de chaleureuses félicitations. La musique avait montré son visage le plus noble, à travers un simple violoncelle. La critique préparait déjà des articles élogieux. Mais Alma restait de glace face à toutes ces démonstrations d'admiration. Son teint était pâle. Son regard éteint. Elle n'avait pas tout donné ce soir-là. Sa virtuosité s'était libérée tant bien que mal sous l'action de l'Autre, une action de charité étrange pour une telle personnalité. La jeune femme prétexta une migraine pour échapper à la soirée organisée après le concert en son honneur. Le simple fait d'être trop proche d'autres êtres la rendait malade. Elle rangea son instrument et sortit, préférant rentrer à pied plutôt que de se risquer à rencontrer à nouveau son chauffeur. Jetant négligemment son manteau sur ses épaules, elle sortit rapidement.

La nuit était glaciale. Son haleine se condensait dans l'air. Mais cela n'avait pas d'importance. Rien n'était important. Il fallait qu'elle rentre dans sa chambre. C'était la priorité absolue. Elle marchait droit devant elle, mécaniquement. Son violoncelle pesait lourd. Pendant un instant, elle songea à l'abandonner sur place, dans la rue. Un reste de conscience l'en empêcha. Combien de personnes furent broyées cette nuit-là ? Chaque rejeté de la société qui avait essayé de l'arrêter avait connu une mort rapide bien que douloureuse. Le sang avait giclé sur son visage. Son regard était à moitié fou à moitié mort. La musique ne l'avait pas atteinte durant le concert.

Il est temps que tu te souviennes, Alma.

Non. Elle aurait préférer continuer dans l'oubli. Stranger avait raison. Parfois connaître son passé n'apportait rien de bon. Elle ne se rendait pas encore bien compte. Des larmes roulaient sur ses joues. Le vent froid gerçait ses lèvres. En quelques minutes, elle était arrivée à la base. Pour que personne ne l'arrête en route, elle emprunta le chemin qui passait par les sous-sols. Les escaliers, l'obscurité, tout cela ne marqua pas son esprit. Trainant à présent son étui sur le sol, elle poussa la porte de sa chambre et la claqua d'un geste de son esprit sans penser à ses voisins qui pourraient éventuellement être entrain de dormir à cette heure tardive. Alma laissa tomber son instrument avant de s'effondrer sur son lit, les épaules secoués par des sanglots.

Il est temps que tu te souviennes, Alma.

Elle voulut crier, détruire tout ce qui se trouvait autour d'elle. Mais l'Autre brida ses capacités destructrices pour la première fois depuis leur cohabitation. Une telle prévenance aurait étonné la jeune femme en temps normal. Mais cette nuit-là, elle se fichait de tout. Entre deux sanglots, elle ne put s'empêcher de bredouiller.

Alma : - J'aurais préféré ne rien savoir. Rien. Rien. Pourquoi ? J'aurais préféré ne rien savoir. Savoir. Pourquoi faut-il que je sache ? Pourquoi...

Sa voix s'étrangla. Elle enfonça sa tête dans son oreiller pour faire le moins de bruit possible, abandonnant son violoncelle sur le sol, l'étui à moitié ouvert après le choc.

Il est temps que tu te souviennes, Alma...

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