Resident Evil : The Outcast Chronicles

1998 : Destruction de Raccoon City. 2001 : Affaire Rockfort Island. 2003 : Chute d'Umbrella et avortement du projet T.A.L.O.S. 2009 : Echec du projet Uroboros et mort supposée d'Albert Wesker. 2010? L'histoire reste à écrire...
 
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 Engagez-vous, qu'ils disaient ! [LIBRE]

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Arkadina Braveheart

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MessageSujet: Engagez-vous, qu'ils disaient ! [LIBRE]   Mar 27 Juil - 0:51

Arkadina marchait depuis un moment dans les réseaux souterrains de Londres. Elle avait été chanceuse sur certains segments de route : ils étaient encore exploités, notamment dans l'agrandissement du métro, et elle avait pu bénéficier de la lumière électrique nue, fixées sur les parois de béton des tunnels. Elle avait croisé quelques ouvriers de nuit qui avaient ouvert de grands yeux étonnés en voyant la jeune femme s'aventurer dans ce qui ressemblait vraisemblablement à des égouts, habillée d'un costume qui devait valoir plus de 300 $, et en talons. Elle leur avait simplement présenté sa carte d'accréditation provisoire, et son arme de service, frappée du sigle de la police londonienne, avait fait son effet.

Elle s'était amusée à échanger quelques paroles avec les ouvriers, dont le visage avait été sali par la crasse et l'humidité du sous-sol. Mais maintenant qu'elle avait repris la marche, elle se sentait bien seule. Elle avait dégainé son arme, mais c'était surtout pour pouvoir joindre à son poignet la lampe mag-lite qui avait été fournie avec la ceinture de cuir lourde où elle se trimballait tous les accessoires de flic qu'on pouvait voir dans les séries télé.

Jaina lui avait dit de s'aventurer dans les souterrains. Mais pour quoi faire? Cela n'avait guère de sens. Il n'y avait personne, rien à faire, les goulots tortueux des souterrains n'abritaient aucun secret et se ressemblaient tous. La chose la plus évidente était que le capitaine de la brigade criminelle de Londres souhaitait simplement la perdre physiquement et gaspiller son temps à errer dans des boyaux puants, alors qu'elle-même devait s'amuser autre part. Arkadina préférait quand même quand Jaina la prenait pour une baby-sitter et la faisait garder Joyce. Au moins, la petite avait de l'intérêt. Il y avait dans ses yeux bleus une tristesse, quelque chose qu'elle n'aurait su expliquer. Elle n'avait rien demandé à la petite. Elle n'avait pas osé. Quand elle avait su que Jaina avait une fille, elle avait été frappée de stupeur. Comment un monument de froideur comme elle avait-il pu un jour partager la couche d'un homme et avoir un enfant? Puis elle s'était dit qu'elle avait probablement adopté la petite... Enfin, tout cela contrastait fortement avec le caractère fort, infaillible et cynique. Elle avait eu l'impression de rentrer comme dans un cercle de privilégiés, alors que la française continuait de la prendre de haut et de l'entraîner comme si elle s'attendait à ce qu'Arkadina postule au poste de Commando des Marines. Ce qui était loin d'être le cas.

Il y avait de l'histoire à travers les murs suintants du bunker. Arkadina pouvait le sentir. Ces murs avaient été forés dans l'angoisse d'un conflit nucléaire. Elle imaginait fort bien les gens qui avaient sués sang et eau pour construire ces méandres de tunnels pour protéger leurs familles... Il y avait un peu d'émotion, des relents de peur...

C'était très bien tout ça. Mais elle pensait, à raison, que le capitaine D'Arcy ne l'avait pas envoyée ici pour simplement qu'elle exerce son devoir de mémoire. Mais quoi alors? Elle n'allait pas errer là éternellement... Elle soupira, continuant néanmoins. Qu'est-ce qui pouvait lui arriver, de toute façon? Elle était seule, dans des tunnels désaffectés, dont le réseau était inconnu de la grande majorité des citoyens britanniques, armée, et déambulant à une heure où la plupart des gens songeaient fermement à dormir, ou étaient déjà entre les bras de Morphée... Il n'y aurait absolument rien.

Et de toute façon, quoiqu'il puisse arriver, elle l'entendrait arriver.
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Max Stranger
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MessageSujet: Re: Engagez-vous, qu'ils disaient ! [LIBRE]   Mar 27 Juil - 13:45

HJ: Je peux m'incruster? ^^

Max errait dans les tunnels depuis plusieurs heures, entré par une vieille porte rouillée, isolée au beau milieu d'un tunnel de métro. L'endroit lui rappelait les tunnels du Projet Manhattan, avec ses murs nus, ses ampoules électriques au moins centenaires, et les rainures dans le sol, faisant office de rails pour les wagonnets utilisés durant la construction. Conçus pour abriter un secret, un abri pour la Famille Royale et le Gouvernement, si jamais la Guerre froide venait à se réchauffer de façon un peu trop exagérée... Max s'y sentait presque bien. Il n'avait pas le sentiment de devoir toujours garder un oeil par-dessus son épaule, et savait que ni les satellites espions, ni même le puissant système Echelon ne pourraient venir lui casser les pieds ici. D'un autre côté, il avait quand même emporté ses deux revolvers, ne sachant pas non plus sur quoi il pourrait tomber, des junkies ou des clochards ivres.

Sans avoir besoin de lampe-torche, Max évoluait en silence dans l'immense labyrinthe souterrain courant sous les quartiers ouest de la ville. Un emplacement logique, puisqu'il s'agissait des quartiers riches, là où se trouvaient Windsor et les résidences d'autres personnalités politiques. Alors que le monde risquait de s'enflammer au sens propre, qui se souciait des déshérités, des paumés et des chancres de la société de l'East End? Pas grand monde, probablement. Cynique, Max se dit que de telles personnes seraient des "pertes acceptables" en cas de guerre... Des pertes acceptables... Ce terme était une aberration en soi. Comment considérer la perte d'une vie humain comme acceptable? Comment un être humain pouvait-il prétendre que sa propre vie avait plus de valeur que celle d'un autre individu? La réponse était pourtant simple, mais Max vibrait de colère à cette idée: le pouvoir. Le pouvoir qu'offrait la politique, le pouvoir qu'offrait l'argent.

Il méprisait l'argent, et honnissait la politique, cette maladie de l'âme qui faisait croire aux humains qu'ils valaient mieux que leur prochain, sous prétexte qu'ils avaient été "élus"... Qui pouvaient encore croire à la démocratie, durant des jours où les hommes les plus puissants étaient nommés à des postes-clés, parce qu'ils avaient les bonnes relations et les bons amis? Max n'était pas paranoïaque, mais avait amassé des tonnes de documents avec les années, à faire se hérisser les cheveux d'un chauve. L'exemple le plus frappant était sans doute la "lignée" des présidents américains. Tout le monde connaissait l'actuel Président, ainsi que les quelques précédents, mais qui savait que la plupart d'entre eux étaient issus de l'Université de Yale, où ils avaient comme par hasard fait partie de la très secrète confrérie des Skull and Bones? Confrérie qui, oh surprise! contrôlait littéralement toute l'Université?

Max songeait de plus en plus souvent à disparaître des écrans, à s'installer dans un refuge préparé de longue date, et à y rester pour observer le monde s'enflammer, pour voir la corruption s'autodétruire, gavée de sa propre mégalomanie. Il savait que ses ennemis connaitraient son terrier, mais serait préparé à recevoir tout importun.

Tout ça lui travers l'esprit alors qu'il évoluait, tel un spectre menaçant, dans les couloirs bétonnés de l'enclave ultrasécurisée installée sous Londres. Que s'y était-il réellement passé? Quels évènements s'étaient déroulés en réalité dans ces bureaux, ces salles de réunions, la grande salle de guerre? Combien d'apocalypses nucléaires y avaient été préparées?

Un cliquetis éloigné attira l'attention de Max, perdu dans ses pensées. Ainsi, quelqu'un d'autre se promenait dans ces vieux couloirs, assez profondément pour ne pas être un ouvrier? En silence, il tira son .44 Magnum et se cacha dans l'ombre, prêt à tout pour ne pas être vu. S'il s'agissait d'un autre désœuvré, il passerait son chemin. Mais combien de citoyens honnêtes connaissaient cet endroit, et avait le cran de s'y enfoncer aussi loin?
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Arkadina Braveheart

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MessageSujet: Re: Engagez-vous, qu'ils disaient ! [LIBRE]   Sam 31 Juil - 15:18

HJ : Bien sûr ^^.

Le bruit de ses talons faisaient un boucan d'enfer, résonnant dans les tunnels souterrains, faisant échos à un "plic plic" lointain, une canalisation probablement trop rouillée pour remplir complètement ses fonctions. Son regard tombait sur d'antiques inscriptions, de la peinture écaillée, des chiffres, des lettres, probablement des repères, fil d'Ariane dans ce labyrinthe de béton. Mais totalement hermétiques à elle. Elle était visiblement perdue. Elle bifurquait au hasard, tenant d'une façon désormais plus négligée son arme, ramenée le long de son corps. Le faisceau de la torche léchait les murs fatigués, toujours.

Elle essayait de se souvenir des mots du capitaine D'Arcy, à la recherche d'un éventuel indice sur sa raison d'être ici, un détail qui lui aurait échappé, qui justifierait qu'elle prête plus attention à son trajet, qu'elle accepte de revenir sur ses pas. Mais tout lui échappait, à moins que la jeune française se soit bien moquée d'elle et l'ait envoyée se perdre innocemment dans un endroit qui empestait la rouille et une pourriture lointaine, dans un endroit où personne n'avait mis les pieds depuis au moins vingt ans. Et où personne n'aurait l'idée de se perdre.

Ses pieds s'enfonçaient légèrement dans la couche de terre molle et humide qui s'était constituée par-dessus le béton des tunnels. Elle avait l'impression de glisser, de s'embourber de plus en plus à mesure qu'elle progressait. Elle pesta. Non qu'elle attachait une quelconque importance à sa paire de talons qui avait dû coûter quelques centaines de dollars, mais c'était une impression plutôt désagréable... Ca y est, un pas de trop, et elle s'enfonça dans un sournois renfoncement du sol, jusqu'à la cheville. Elle baissa immédiatement sa lampe, pour regarder où elle avait mis les pieds. Aucun indice, probablement un trou, rien de plus, en tout cas rien de machiavélique qui se serait refermé sur son pied et l'aurait entraînée dans l'antichambre de l'enfer, là où personne ne l'aurait entendue crier... Arkadina se dit qu'elle avait regardé trop de films d'horreur et qu'il serait temps qu'elle se ramène à la réalité.

En relevant légèrement ses yeux, elle saisit alors quelque chose de plus étrange, qui fit battre son coeur un peu plus vite. Elle plissa légèrement les yeux, souhaitant combattre l'obscurité qui s'insinuait et troublait sa vision.

C'étaient des pas. Des traces de pas. La jeune femme s'accroupit, bloquant sa torche d'une main, et de l'autre effleurant le sol. Il était mouillé, aucune trace de sécheresse. A n'en pas douter, ces empreintes étaient fraîches, aussi fraîches que les siennes. Des traces un peu larges, profondes, qu'elle identifia approximativement comme des rangers, ou des bottes, pointures non délicates d'hommes. Deux, peut-être plus. Elle était comme une gamine qui venait de découvrir ses cadeaux de Noël. Enthousiaste, impatiente d'en savoir plus. Qui irait se perdre ici? Certainement pas des gamins, des ado, qui se seraient perdus. Les traces n'auraient pas cette forme, ces grandes enjambées décidées. Des gens qui connaissaient ces boyaux? Elle était perplexe. C'était ce qui excitait la curiosité.

Elle se releva, et son pas se fit plus ferme. Elle resserra son emprise sur la crosse de son arme, joignit son poignet avec sa torche, et elle balaya tour à tour le sol et l'horizon, suivant la piste, le coeur battant. Peut-être était-ce cela que le capitaine D'Arcy avait voulu qu'elle découvre... Mais comment pouvait-elle être au courant d'activités extraordinaires pour ne pas dire suspectes, à des centaines de mètres sous la capitale britannique? De nouvelles interrogations montaient en elle.

Elle croisa des pas solitaires, qui se réfugiaient dans un angle d'un boyau. Elle balaya le tunnel. Rien. Elle n'était pas seule. Retenant un frisson où se mêlaient l'excitation et la peur, elle changea d'attitude, beaucoup plus sur la défensive. La cigarette sur laquelle elle avait fantasmé pendant un moment devrait attendre. On ne jouait plus. Elle poursuivit sa route.

Elle baissa sa torche, après un moment indéterminé. Il y avait comme une lueur faible qui émanait du mur en face d'elle. Elle s'approcha. Elle définit alors la lueur. Elle semblait faire une fissure dans le mur, parfaitement dessinée. Le mur lui-même n'était qu'un grossier maquillage : deux portes coulissantes métalliques, sur lesquelles on pouvait voir de la peinture et un revêtement qui rappelait vaguement les parois des souterrains. Y avait-il un moyen d'ouvrir ces portes? La jeune femme rengaina son arme, leva sa torche à la hauteur de son épaule, les sourcils froncés. Elle découvrit un interrupteur, comme celui d'un ascenseur. Avec une légère appréhension, elle l'enclencha. Les portes s'écartèrent en sifflant légèrement.

Tu voulais de l'aventure, Arkadina? Tu es servie...

Elle entra.
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Max Stranger
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MessageSujet: Re: Engagez-vous, qu'ils disaient ! [LIBRE]   Dim 1 Aoû - 0:04

Max resta prostré dans l'ombre un long moment, tenant d'une main son gros revolver, et serrant de l'autre la longue et étroite mallette qu'il avait emporté presque sans y penser. Pourtant, ce qu'elle renfermait n'avait absolument rien d'anodin ou d'insignifiant! En fait, il commençait à peine à comprendre les raisons inconscientes qui l'avaient poussé à emmener la mallette, et à venir se promener dans ce trou à rats sans avertir personne. Une lueur passa dans son champ de vision, le faisceau fin et tremblant d'une lampe-torche, qui le repoussa plus loin dans l'ombre qu'il affectionnait tant. Caché par l'angle du mur, il ne put repérer qui était l'intrus.

Un chuintement pneumatique attira son attention, suivi après quelques instants d'un claquement de talons sec et net. Max ne sortit pas immédiatement, puis s'avança en silence. Des portes de taille imposante avaient été camouflées dans le mur. Bien qu'il fût souvent venu dans le complexe, Max n'avait jamais vu cela, ce qui piqua sa curiosité. Comment, en plusieurs mois de recherches, n'avait-il pas pu remarquer l'existence de cette extension des souterrains? Mais une autre réflexion lui vint à l'esprit, lui glaçant le sang. Cette cachette lui rappelait un peu trop les tunnels du Projet Manhattan et ce qu'il renfermaient. Prudent, il vérifia le chargement de son arme. Les six pruneaux de plomb le rassérénèrent rapidement, lui permettant de remarquer les traces de pas sur le sol humide.

Trois paires de traces. Deux appartenaient à des hommes pourvus de bottes à semelle de caoutchouc, larges et conçues pour résister à l'environnement, et une paire, curieusement, semblait appartenir à une femme. Les traces de talons ne laissaient en effet que eu de place à une autre interprétation. Sauf, bien sûr, si la personne qui venait juste de passer était un travesti venu dans les tunnels pour une raison pressante. Si c'était le cas, elle devait être suffisamment importante pour que le bonhomme ait préféré ses talons assez peu pratique à des chaussures plus adaptées. Les premières traces n'étaient pas celles de Stranger. Pour le vérifier, il appliqua sa propre chaussure de sécurité juste à côté. Ni les motifs de la semelle, ni les pointures ne correspondaient. D'un geste souple, le Gallois se redressa et se frotta les yeux.

Souhaitait-il vraiment descendre dans ce qui avait toutes les caractéristiques d'une zone secrète. De plus, étant donné les liens que Max connaissait entre le gouvernement et les Majestic, voulait-il vraiment se retrouver face à une Prison sans être préparé? Les coïncidences étaient par trop énormes pour être repoussées. Les complexes souterrains... Les zones secrètes... Les identités des constructeurs et des commanditaires... Tout concordait! Il ne pouvait plus se permettre les doutes et le flou laissés par ses recherches théoriques... Avec un soupir résigné, il s'engagea dans un tunnel encore plus sombre que les précédents. Instantanément, ses pupilles se distendirent, lui permettant de percer l'obscurité sans avoir nul besoin de lampe. Pas assez, cependant, pour repérer les traces de la personne passée juste avant lui.

Les possibilités quant à son identité n'étaient pas innombrables. Max ne pouvait envisager la présence que de quelqu'un déjà au courant, donc mêlé de près ou de loin au dossier au-delà de toute classification officielle des Prisons. Un chercheur, peut-être? Max avait le plus grand mal à y croire. A ses yeux, il ne pouvait s'agir que d'une personne mêlée au projet insane d'exploitation des Prisons et de ce qu'Elles renfermaient. Pourtant, Stranger avait été des plus clairs à ce sujet! S'il avait raison, il n'hésiterait pas à mettre ses menaces à exécution en ressortant...

Rendu soudain déterminé, et malgré le risque qu'il savait encourir, il resserra la main sur son arme et avança dans le couloir à grandes enjambées décidées, mais rendues silencieuses par la couche de crasse au sol et la qualité de ses chaussures. A sa connaissance, une seule personne avait pu le repérer alors qu'il se déplaçait furtivement, et pas à cause du bruit qu'il produisait!
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Arkadina Braveheart

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MessageSujet: Re: Engagez-vous, qu'ils disaient ! [LIBRE]   Dim 1 Aoû - 16:56

Elle était dedans. Rien que cette pensée la fit frémir d'excitation. Dedans. Elle ne savait pas où, mais elle y était. L'instant où elle avait posé son talon crasseux dans le couloir, elle fut aveuglée. Elle venait de pénétrer dans un couloir aux murs blancs, éclairés d'une lueur dont elle ne parvenait à identifier la source, une lumière pure, pénétrante, violente. Elle avait l'impression de flotter en apesanteur, pendant quelques secondes. C'était étrange, quoique grisant. Puis, son oeil s'habitua à l'agression, et elle put reprendre sa progression. Il y avait des portes fermées, de chaque côté d'elle. Elle avait le sentiment d'être comme dans un rêve. Un rêve aux évocations métaphysiques, obscures.

Elle sortit son GSM de sa poche. Bizarrement, elle avait une barre de réseau... Deux ! Elle récupérait du réseau à mesure qu'elle avançait dans ce couloir longiligne hallucinant. Alors qu'elle n'avait pas rêvé : quand elle s'était enfoncée dans les entrailles de Londres, elle avait perdu toute trace de réseau. Elle s'était d'ailleurs fait la réflexion que personne ne viendrait la chercher si jamais la bestiole qui peuplait les films Alien se ramenait pour l'infecter. Ce à quoi elle avait bien ri... Avant que la réalité de la chose ne la rattrape. Elle posa son téléphone sur son oreille, après avoir composé le dernier numéro. Elle obtint une tonalité. Une voix endormie lui répondit :

Nikolaïev : (en russe) Arkadina? Qu'est-ce que tu branles nom de Dieu, il est 3h du matin...

Ah oui, elle n'avait pas vraiment fait attention au léger décalage horaire qui existait entre Londres et le lieu de travail de son frère. Il lui fallait inventer un truc, ou simplement l'envoyer bouler.

Arkadina : - Ah, salut Niko. Oui, euh, en fait, mon portable s'est mis en route tout seul, je suis désolée. Hahaha.

Inutile de préciser qu'elle se fit largement incendier dans la langue de Tolstoï avant de se faire raccrocher au nez. La jeune russe rempocha son téléphone. Elle devait vraiment être en pleine hallucination. Personne ne captait à cette profondeur. Elle vit soudainement volte-face. Il y avait quelque chose qui la dérangeait, dans ce couloir inondé de lumière. Elle se sentait comme épiée. Suivie. Quelque chose de silencieux. Peut-être l'oeil d'une caméra. Non. Elle regarda autour d'elle, levant son arme dans les angles. Pas de bruit, mis à part le battement de son coeur et sa respiration. Merde, elle aurait dû appeler le capitaine D'Arcy, au lieu d'emmerder son frère.

"Qu'est-ce que vous faites ici?"

Elle se retourna. La voix semblait être sortie des murs, et de partout à la fois. Il n'y avait personne. Son coeur battait plus vite. Elle resserra son emprise sur la crosse de son pistolet, bizarrement rendue glissante par la sueur brusque de ses paumes.

Arkadina : - Il y a quelqu'un?

"Vous n'avez rien à faire ici."

Intriguée, elle passa en mode "Plan Vigipirate", comme elle l'appelait. Elle ralentit le pas, se ramassant sur elle-même, prête au moindre bond pour réagir en cas d'agression. Elle jeta des regards furtifs partout autour d'elle, et il lui semblait qu'elle ne négligeait aucun recoin. Pourtant, ce n'était pas suffisant. La présence semblait s'amplifier. Elle se sentait prise au piège, comme un stupide animal qu'on avait forcé dès le départ à venir ici. Elle jura entre ses dents.

Soudain, ce qu'elle avait pris pour un mur blanc (encore un) s'éclaira. Elle resta saisie. Il devint transparent, comme si de la buée venait de s'évaporer. Elle s'approcha, devinant une silhouette sombre allongée, immobile dans cet océan de lumière. Elle posa sa main sur la vitre. Elle ne parvenait pas à voir. Elle essaya de trouver une porte, et le léger bruit de dépressurisation attira son attention. Quelque chose se passait, elle était témoin d'un truc extraordinaire. Elle se décala sur le côté, envisagea une nouvelle irrégularité dans la surface du mur. Comme pour l'ascenseur tout à l'heure, la porte était camouflée dans le mur. Une porte vitrée. Il n'y avait évidemment pas de clenche, mais, à la surprise de la jeune femme, pas de code non plus. Elle effleura la surface glacée, et la porte sembla coulisser dans le monde, avec un chuintement léger.

Euh... C'est quoi ce bordel?

"Non, partez !"

La curiosité l'emportait sur cet ordre impérieux. Arkadina, imprudente, s'approcha de la silhouette allongée. C'était un homme... Non, un androïde androgyne, simplement vêtu d'un combinaison noire. S'il avait le torse plutôt musculeux d'un homme, Arkadina vit clairement, quand l'androïde ouvrit les yeux, qu'il était doté de grands yeux féminins. Pourquoi l'idée d'androïde lui était immédiatement venue à l'esprit? Simplement, cette personne, allongée sur un lit d'hôpital, reliée à un monitoring, ne présentait aucune imperfection, sur son visage, sur sa peau, ses mains. Tout semblait parfaitement parfait. Pas un grand de beauté, une peau lisse, comme celle d'un enfant, pas un poil autre que les sourcils, les cils délicats, la chevelure courte d'une couleur artificielle en elle-même, mêlant le bleu corbeau avec des mèches blanches. Pas une cicatrice, pas un signe distinctif, pas un tatouage. L'androgyne avait ouvert les yeux, de grands yeux d'un bleu glacier, qu'il tourna vers elle.

"Vous devriez partir. Vous en avez déjà trop vu."

La créature se leva lentement, détacha les perfusions, sans un cri, sans un mot. Ses lèvres ne bougeaient pas. Et pourtant, il s'adressait à elle. Son regard était impassible, ne manifestant aucune hostilité.

"Ils vont arriver, et ils vont vous traquer. Partez pendant qu'il en est encore temps."

Arkadina déglutit. Le regard de la créature se tourna vers un angle de la pièce. Arkadina le suivit. Il y avait un petit boîtier. Soudain, une alarme retentit. Stridente. La jeune femme dut se couvrir les oreilles pour échapper au bruit. La créature ne réagit pas vraiment, se retourna vers elle. Elle entendit alors les bruits de pas précipités, lourds, bottés. Il fallait qu'elle se magne. Elle regarda une dernière fois la créature, et tâcha de trouver une sortie...
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Max Stranger
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MessageSujet: Re: Engagez-vous, qu'ils disaient ! [LIBRE]   Dim 1 Aoû - 18:53

Max avançait lentement, et devenait de plus en plus crispé au fur et à mesure qu'il progressait. Il connaissait assez bien les Prisons pour savoir que quelque chose était anormal. Dans les autres, il y avait de longues descentes, au cours desquelles les murs devenaient bruts, puis à nouveau travaillés, grossièrement taillés puis affinés. Ici, il n'y avait que des parois de béton granuleux, qui ne s'interrompaient pas. Un long couloir s'ouvrait devant lui, et il se demandait s'il devait s'y engager. Après tout, qu'était-il venu faire dans ce trou à rats? Il n'avait pas reçu d'ordre, il n'avait aucun indice quant à l'existence éventuelle d'une Prison ici... Alors pourquoi?

Peut-être était-il simplement fou. Le fait de croiser le chemin d'êtres et d'individus extraordinaires avait peut-être dérangé son cerveau, rompant le fragile équilibre mental qu'il lui restait? Mais cela était une excuse, et il le savait parfaitement. En réalité, il était comme d'habitude, rongé par le doute et la curiosité, désirant à tout prix aller au bout du mystère, savoir et connaître tous les tenants et aboutissants. Il avait toujours fonctionné de la sorte, quitte à se prendre des coups d'une puissance redoutable. Malgré tout, la curiosité avait toujours été son principal carburant.

Plusieurs minutes plus tard, il arriva dans un couloir violemment éclairé, qui jurait monstrueusement avec le vieux complexe délabré au-dessus. Un instinct animal lui hurla de se baisser. Max obéit et se rapprocha du mur, où il décela un espace différent. Un petit placard électronique d'à peine quelques centimètres carrés. Enfin, Max pouvait se raccrocher à quelque chose de sensé! Il sortit son PDA et se brancha sur la prise révélée. Sa surprise grimpa d'un cran en voyant un logo totalement inconnu s'afficher sur le petit écran à cristaux liquides.

Perturbant, affolant, scandaleux... Max ne savait pas quel terme adopter. Les fichiers qu'il venait de pirater, au-delà d'une gestion paranoïaque de la sécurité, révélait l'existence d'un complexe d'observation, pour un être crée artificiellement. Un clone. Mais un clone si particulier que...

L'écran vira au rouge lorsque l'alarme se déclencha. Max arracha son appareil du mu et se releva, arme au poing. Plus question de s'infiltrer, il fallait foncer! Il réalisa qu'il allait un peu trop vite au hasard lorsqu'il traversa une porte vitrée... qui était malheureusement fermée. Sonné, à quatre pattes, il leva la tête et put voir au travers du sang deux personnes, une jeune femme et un... une... Les mots lui manquèrent, mais il se releva d'un bond et leva son arme en un éclair.

Max : - Ne bougez pas! Qui êtes-vous, tous les deux?

La femme était aussi armée, et semblait avoir confiance dans ses propres capacités de combattante. Quant à l'autre... et bien, il était clair qu'il s'agissait de ce fameux clone unique! Comment savoir quelles en étaient les capacités? Max avait vu les talents télékinésiques de Alma, et il se devait de rester prudent.
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