Resident Evil : The Outcast Chronicles

1998 : Destruction de Raccoon City. 2001 : Affaire Rockfort Island. 2003 : Chute d'Umbrella et avortement du projet T.A.L.O.S. 2009 : Echec du projet Uroboros et mort supposée d'Albert Wesker. 2010? L'histoire reste à écrire...
 
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 Patrouille... Errances.

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Roxane Loran de Valois
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Ven 25 Juin - 19:18

Jaina abattit une chose qu'elle nomma comme étant un Majinis. Roxane le regarda à terre, un être à moitié décomposé avec un gilet par-balle et une arme de joli calibre. Oui pourquoi pas... Un groupe de zombies sortit de la nuit noire les entoura. Visiblement pas avec l'intention de discuter. Des Majinis donc. Jaina leva son arme et tira sur ce qui semblait être le chef. Il s'écroula sans un bruit. Ses acolytes dévisageaient la jeune femme.

Jaina : - Alors, les tantouzes...

Le sniper détaillait ses ennemis, impassible.

Jaina : - Wanna play with my boobs?

Roxane eut un sourire en coin. Elle rengaina son beretta et resserra d'un geste machinal le nœud de sa cravate avant d'enfiler des gants de cuir. Économiser les balles. Si jamais les deux jeunes femmes devaient tomber sur un nid de zombies déchaînés, sans balles et donc sans armes, elles risquaient d'y rester. Ce qui était bien sûr hors de question. Roxane plantait son regard impitoyable dans celui vide, de ses adversaires. Son œil pourpre luisait dans la nuit, semblable à de la braise. Elle ferma un instant les yeux, tenta de se rappeler.

Greg : - Tu vois Roxane, quand tu es face à plusieurs hommes, tu vises d'abord le chef. Ensuite, tu élimines tout ceux qui semblent avoir une quelconque autorité sur le groupe. Et après. Tu fais un carnage. Avec les techniques que je t'ai apprises. Et normalement, ça marche tout seul.

Les paroles de son ancien chef lui revinrent en mémoire. Elles s'appliquaient très bien pour les êtres humains, mais pour les zombies, le sniper n'en savait strictement rien. Elle sauta donc les étapes et passa directement à la dernière. Le carnage.

Les zombies avaient lancé leur assaut, un peu désordonné. La jeune femme en fracassa un d'un coup de pied en pleine figure et brisa la nuque d'un autre.

Putain...j'ai mis mes chaussures italiennes toutes neuves...eh merde


Elle soupira. Au corps à corps, elle se révélait être aussi redoutable qu'avec une arme entre les mains. Roxane attrapa le fusil d'assaut d'un des zombies morts sous ses coups et le regarda un instant.

Ils ont des moyens ces trucs-là quand même. Ça m'arrange bien.


Elle fit feu, avec son habituelle précision. Ne perdant pas une seconde en geste inutile, alternant les coups de feu et les coups de poing. Véritable serpent, elle se glissait derrière les zombies, leur dévissait la tête avant même qu'ils aient eu le temps de réagir. Le visage sans la moindre expression, elle jeta le fusil d'assaut, vide. Et reprit son beretta.

C'est quand même mieux.

Distribuant des coups de crosse, les zombies l'évitaient, un instinct de survie visiblement leur ordonnait de s'éloigner de la source de mort. Mais aller vers Jaina n'était pas forcément la meilleure des idées... Roxane se plaça près de son capitaine, avec le ferme intention de défoncer la tête pourrie du premier qui s'en approcherait un peu trop. Un agent de GIGN met un point d'honneur à faire son travail correctement. Surtout l'agent De Valois. Elle envoya valser un autre attaquant, avec des réflexes aussi foudroyants que les leurs, et des coups meutriers.
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Jaina D'Arcy
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Dim 4 Juil - 22:24

Non, ce n'était pas vraiment une bonne idée. La jeune franco-russe
avait rengainé son arme, mais elle n'en était pas moins un être redoutable. Elle ne pensait plus à rien, et retrouvait des sensations qu'elle avait déjà expérimentées des années auparavant, durant sa formation et surtout ses premiers affrontements contre les créatures d'Umbrella, en particulier à Raccoon City. Elle qui avait été diagnostiquée borgne après sa première manipulation d'Umbrella retrouvait un champ de vision élargi, voire étonnamment étendu, dont la périphérie était d'une blancheur laiteuse. Le sang semblait battre à ses tempes, douloureusement, et elle pouvait anticiper les mouvements des créatures.

Elle apercevait les exploits physiques de Roxane du coin de l'oeil, les enregistrait, et parvenait à composer avec eux, en un ballet élégant et meurtrier. Tout pour elle n'était que réflexe, et pourtant, vue de l'extérieur, elle semblait parfaitement maitriser la situation. Ses mouvements, habile mélange de plusieurs arts martiaux saupoudrés de ses propres combinaisons instinctives, faisaient d'elle une étonnante machine de guerre, parfois si rapide que quelques mouvements pouvaient échapper aux regards de non-initiés.

Quand la vague de contaminés se réorienta vers elle, la rage se coupla avec l'adrénaline qui coulait déjà dans ses veines, éclaircissant encore sa vision. Le monde se réduisait à des éclairs de couleurs. Ses jambes s'enroulaient autour des cous, les brisaient aisément, ses poings fermés traversaient des poitrines molles, elle sentait la folie monter. Intérieurement, sa raison lui criait de se calmer, de faire quelque chose pour la limiter avant qu'il ne soit trop tard. Son corps ne l'entendait pas de cette oreille. Du sang coagulé commençait à maculer sa chemise blanche et tâchait son visage pâle, qui prenait la couleur de la folie. Son oeil bleu était devenu presque translucide, marque de l'agression.

Finalement, le silence retomba. Elle venait de massacrer le dernier des contaminés, enfonçant ses doigts le plus profondément possible dans les orbites du survivant, avec un cri presque inhumain. Elle les retira un moment après que le corps ne soit plus agité de spasmes. Elle revient brutalement à la réalité, et mesura la violence de son acte, à cheval sur le corps. Elle regarda ses mains, hébétée, se releva. Elle croisa le regard de Roxane, se durcit immédiatement. Aucune marque de faiblesse n'était tolérable.

Jaina (en essuyant ses mains sur son jean) : - Continuons. Ils ne peuvent pas sortir de nulle part, et c'est bien cela qui m'inquiète.

Elle reprit la tête, glissant sa main sur son holster de cuir, joignant de nouveau sa torche avec son arme, progressant rapidement, balayant le paysage de la lumière crue de sa lampe. Elles débouchèrent dans une clairière, où une simple cabane de chasseur était dressée, branlante. Jaina examina le sol, trouvant des traces fraîches de pneus assez gros, probablement ceux d'un camion, qui s'étaient enfoncés dans la terre meuble. Elle releva la tête, s'approcha en silence de la cabane, faisant signe à Roxane de se positionner de l'autre côté de la porte. Manoeuvre classique d'intervention policière. Elle compta jusqu'à trois, tout bas, puis défonça la porte d'un coup de pied. Elle fit irruption dans la petite pièce et balaya tous les coins. Pas de dangers.

Jaina : - Non, y a forcément un...

Et la trappe sur laquelle les deux jeunes femmes se tenait s'ouvrit brutalement.

Un piège?


La chute dans l'obscurité eut à peine le temps de lui paraître longue, quand elle tomba sur le côté, lourdement, la respiration coupée, le sang sur ses lèvres. Elle se retourna sur le dos en grommelant, commençait à se remettre, quand elle reçut sur le ventre le corps de Roxane.

Misère.

Elle capitula et resta ainsi à gésir.
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Roxane Loran de Valois
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Sam 10 Juil - 22:19

Roxane avait regardé son capitaine combattre. Et perdre le contrôle sur elle-même. Sa manière de tuer les zombies avaient été correcte jusqu'à un certain point, puis ça avait commencé à dégénérer. Le sniper ne faisait pas un mouvement, laissant Jaina se débrouiller. Il était évident qu'elle n'avait pas besoin d'aide. Alors Roxane analysait ses coups. Son œil suivait chacun des gestes de son capitaine, les décomposait et les enregistrait.

Jaina, assise à cheval sur un contaminé dont elle venait de sauvagement crever les yeux, sembla reprendre peu à peu conscience. Elle regarda ses mains. Et Roxane la regardait. Le capitaine ne redressa et croisa le regard du la jeune femme. Son expression se durcit pour masquer ce moment de faiblesse où elle avait céder à ses pulsions. Au fond de l'œil d'acier de Roxane, en cherchant bien, on pouvait voir une lueur narquoise. Elle n'aimait pas perdre le contrôle sur ses actes. Et avait suivi ou subi un entrainement qui la protégeait de cela. Ses missions aussi l'avaient endurcies. Haussant les épaules, elle se dit que le capitaine avait sans doute sa propre expérience dans ce genre-là, et qu'elle savait ce qu'elle faisait.

Jaina : - Continuons. Ils ne
peuvent pas sortir de nulle part, et c'est bien cela qui m'inquiète.

Reprenant la tête, Jaina éclairait leur chemin. Le sniper la suivait, tranquillement, tous les sens aux aguets. En effet, ces choses venaient de quelque part. Leurs pas suivirent la piste fraiche d'un camion et elles débouchèrent dans une clairière, devant une cabane. Roxane haussa un sourcil et se positionna de l'autre côté de la porte, comme lui indiquait son capitaine. Jaina défonça la porte d'un coup de pied et entra. Roxane la suivit, arme au poing, dans la petite pièce. Rien. Il n'y avait absolument rien.

Jaina : - Non, y a forcément un...

Le sol se déroba sous le sniper. Elle fut un instant surprise, puis, dégaina un couteau caché dans sa manche et le planta dans la surface meuble du sol, freinant ainsi sa chute. Le visage toujours dénué d'expression.

C'est haut quand même...

Elle se réceptionna souplement sur le sol, sauf qu'une pierre glissant se retrouva sous son pied, et l'agent surentrainé glissa, tombant sur Jaina. Elle ne retint pas ses jurons et se redressa rapidement.

Roxane : - Excusez moi capitaine.

Elle rangea ensuite son couteau dans sa manche, et observa les parois de leur prison. Creusée profondément, des racines et quelques pierres dépassaient des murs de terre humide. Une forte odeur de terre faisait froncer le nez à la jeune femme. Le silence était lourd, le vent soufflait au-dehors. Escalader ce mur de terre glissante était quelque chose de totalement vain.

Roxane épousseta son costume, d'un geste très professionnel et leva les yeux. Son regard sombre se plongea dans celui rougeoyant d'un zombie penché au-dessus d'elle. Sa tête était comme secouée de spasmes, la bouche grande ouverte laissant voir ses dents pourries. Il riait. Elle ne tira pas, ne voulant pas se retrouver avec le cadavre d'un zombie en plus dans ce trou.

Roxane : - Fort sympathique. Je passe une excellente soirée capitaine.

Elle lui adressa un sourire détendu. Puis boutonna son manteau. Un bruit de moteur qui se rapprochait. Des bruits de pas. Des paroles échangées. Puis un grand silence. Le son d'un fusil qu'on arme. Roxane se tendit instinctivement, et plaqua Jaina contre le mur. Elle lui souffla à l'oreille.

Roxane : - On ne s'ennuie pas avec vous.

Tout en restant devant elle, sa main se glissa sur la crosse de son beretta. Elle enroula ses doigts autour et dégaina doucement. Elle respirait à peine, très concentrée. Son regard dans celui de Jaina. Elle ferma un instant les yeux et écouta. Tout semblait silencieux. Mais Roxane entendait les bruits de pas, très feutrés, qui approchaient. Elle retira la sécurité, les paupières toujours closes. Un bruit quasiment imperceptible. Un doigt qui se pose sur le levier d'armement.

Roxane rouvrit brusquement les yeux, se retourna et fit feu. Un coup. L'ombre qui les visait s'écroula, dans un équilibre précaire au bord du trou. Elle esquissa un sourire en voyant une autre silhouette ramasser le fusil et la mettre en joue. Un second coup. Un second cadavre.

Y-en-a combien ? Parce que niveau balles je suis bientôt à sec là... Je le sens pas. Je le sens pas du tout.

La lumière s'alluma brusquement dans la cabane. Elle détourna les yeux, éblouie.

? : - Le sujet est en effet très prometteur. L'idéal. Nous recherchions exactement ce type. Parfait.

Roxane fronça les sourcils. Elle sentait venir le problème monumental qui allait bien l'emmerder pendant un bon moment. Son pressentiment se révéla exacte, un homme avait ramasser le fusil et fait feu, dans son dos. Une espèce de seringue se planta dans son épaule, vidant son anesthésiant dans son sang.

La jeune femme tituba. Jeta un regard à Jaina. Sans expression. Pas de peur. Pas de surprise. Juste un ennui profond à la limite. Elle lui fourra son beretta dans les mains.

Roxane (dans un souffle) : - Gardez le moi. J'y tiens beaucoup.

Et elle s'écroula. Sans un bruit. Inanimée. La dose aurait endormie d'un coup un troupeau. Alors la jeune femme ne risquait pas de résister.

Son esprit sombra dans les ténèbres. En ce demandant ce qui allait encore se passer.
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Jaina D'Arcy
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Mar 20 Juil - 17:48

Jaina se trouvait en état d'hallucination totale. La chute de Roxane sur son corps l'avait vaguement sonnée, et la douleur continuait à sourdre dans son corps. Elle avait peut-être enfoncé quelque chose dans sa cage thoracique. Bof, ça se soignerait vite, elle faisait confiance à son corps au métabolisme modifié pour cela. Le problème, c'est que les choses se sont accélérées, et qu'elle ne réagissait pas. Trop de lassitude, peut-être les toxines qui rampaient dans ses veines et qui stagnaient déjà dans ses muscles. Ou peut-être qu'elle était tout simplement assommée.

La situation semblait bloquée et c'est bien ce qui l'ennuyait. Il était impossible de remonter sur la terre glissante, les ongles s'enfonçaient dans l'argile humide, glissaient dans la matière meuble... Et monter, même en conjuguant les efforts des deux femmes, étaient hors de question dans l'état où elles se trouvaient. Et de toute façon, pour les accueillir en cas d'improbable succès, des créatures les attendaient. L'odeur de putréfaction saisit la jeune femme.

Tout s'accéléra. Les paroles de Roxane? Jaina ne saurait pas vraiment en rendre compte. Elle avait entendu les bruits de moteur. Elle avait entendu l'arme qui se chargeait. Elle imaginait la cartouche d'anesthésiant monter dans le canon, le souffle du tireur, très calme, le bruit de la mousse de la crosse du fusil sur l'épaule, le cuir du blouson qui crisse, peut-être le léger mâchonnement d'un chewing-gum, désinvolte. Elle voyait le doigt du tireur légèrement trembler sur la gâchette, le temps de stabiliser et d'assurer le tir. Elle savait tout ça. Parce qu'elle l'avait vécu un nombre de fois assez effroyables. Elle soupira. Intérieurement ou extérieurement, elle ne savait pas.

Que Roxane parvienne à tirer, de façon bienheureuse, une balle, ou deux, ou trois, peu importait, ce n'était que retarder l'inévitable. Elle devait bien reconnaître qu'elle s'était faite avoir comme un bleu. Comme quoi ça arrivait. Même aux meilleurs. Elle avait honte. Honte de se planter devant Roxane. Honte de rouiller sur le terrain, depuis trop longtemps enfermée dans les bureaux, à trier des papiers, à faire des procès à des gens, à crier sur l'administration, à s'enfermer dans des archives à la recherche de dossiers oubliés ou profondément enfouis et jalousement gardés.

Elle se trouva donc avec l'arme de Roxane dans la main, et cette dernière évanouie. Elle avait dû prendre un jolie charge : ils ne craignaient jamais d'abîmer leurs futurs cobayes, au contraire, s'ils pouvaient la mettre dans le coma, ce n'était pas un problème pour eux. Ils pourraient la retaper plus tard. Une puissante lumière la subjugua. Elle leva son avant-bras pour protéger son regard vairon. Se détachèrent des silhouettes aussi blanches que la lumière, à part le masque qui recouvrait le visage, fait de métal brillant. Des mecs qui venaient la cueillir. Qui venaient cueillir Roxane. Et elle n'avait plus de munitions. Ils se saisirent du corps inconscient de Roxane, et de toute manière, si elle ne voulait pas blesser la jeune femme, elle ne devait pas tirer. C'était trop dangereux.

Deux autres hommes s'approchèrent d'elle et tentèrent de la maîtriser. Jaina se défendit avec une énergie où se mêlaient le désespoir et l'impuissance. Elle brisa la visière sans tain du premier homme, s'écorcha les phalanges. Il alla embrasser le sol, pris de convulsions, la mâchoire ensanglantée. L'autre tenta de l'attaquer à coups de couteau cranté. Elle feinta, intercepta son poignet d'un coup de poing, le désarmant. Elle saisit le manche du couteau en vol, et d'un geste fulgurant, trancha la carotide à travers le tissu de la combinaison, qui s'imprégna presque instantanément de rouge. Elle prit le couteau par la pointe, et, mue par ses réflexes, le jeta dans la gorge d'un autre homme qui s'effondra, tentant de retirer l'acier mordant profondément enfoncé dans la peau blanche. Jaina était hors d'elle. Elle allait se jeter sur le dernier homme qui osait enlever sa collègue, quand un nouveau sifflement attira son attention. Elle essaya bien de se pousser de la trajectoire. Mais l'aiguille se planta dans le creux de ses reins. Elle poussa un râle, le monde se troubla. Elle resta debout un moment, poussant des rugissements sauvages, fit quelques pas titubants, menaçant ses agresseurs, et s'effondra également. Les portes se refermèrent. On abandonna là la jeune femme. Seule.

Elle resta un long moment inconsciente. Quand elle se releva, elle avait l'impression d'être aux prises avec la pire gueule de bois de son existence, avec un sale goût dans le fond de la gorge. Elle ramassa son arme, celle de Roxane, la passa derrière son dos. Très sobrement, elle pensa la chose suivante :

Quelle merde...

Elle étudia un peu la situation. Il y avait bien un petit passage étroit, creusé à même la terre. Elle y entra. Elle n'avait pas d'autres choix.

Le souterrain était complexe. Rapidement, les murs de terre se muèrent en murs de roche. Humide. Une vague odeur de décomposition. Puis, les murs devinrent lisses, lumineux, blancs. Ressemblant aux anciens laboratoires d'Umbrella. Jaina boitillait en progressant. Elle s'était vraiment fait mal en tombant. Sale et dégoulinante de sang coagulé et de boue, elle laissait des traces noires derrière elle. Elle s'en foutait. Elle se mouvait avec automatisme, allant de l'avant sans savoir où elle allait.
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L'Ecorché
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Mar 20 Juil - 18:48

Un piège a été tendu aux agents du BSAA au niveau des docks. Les cibles sont deux. Ne faites aucun mal a la première: le reste de nos hommes s'en occuperont. Occupez-vous de faire disparaitre la deuxième, par tous les moyens possibles.

La note était brève, les ordres évasifs. "Par tous les moyens possibles"... L'Ecorché pesa l'expression, la faisant défiler dans son esprit, encore et encore. "Par tous les moyens possibles"... La Liberté dans son essence même. Dans ces cinq mots résonnaient des promesses de libre-arbitre, l'accomplissement de l'être humain. Il travaillait justement pour qu'un jour, quinconque puisse avoir cette liberté d'action, de choix.

Il n'allait pas regretter cette alliance avec le Consortium, même si elle avait le gout amer des alliances contre-nature.

Le voyage de Paris à Londres avait été éprouvant. Non pas que le trajet fut pénible, mais l'inactivité pesait sur l'esprit de l'Ecorché. L'assurance d'un peu d'action l'avait ragaillardi. Aussitot la note lue, l'adrénaline était montée: il s'agissait d'une traque, et ce vieil instinct de chasseur que tout homme a ancré profondement en lui avait subitement rescussité de la léthargie que le voyage lui avait imposé. Il s'était rendu a l'endroit indiqué, et avait pu contempler, du haut d'un perchoir insalubre improvisé, le toit gondolé d'un ancien entrepot abandonné, le combat qu'avaient livré, courageusement mais naivement, deux femmes qu'il reconnut, à leurs armes et à leur dextérité, comme les proies que le Consortium lui avait confié. Deux lionnes dans une arène, combattant avec acharnement, soutenu probablement par un gout du sang qu'elle dissimulaient a grand peines, aveugles aux pièges sous le sable maculé et aux patriciens qui réclamaient leur mort. La comparaison s'imposait: quel spectacle, au sens premier, que ces deux enragées! De celles-ci cependant, une sortait du lot. Son physique androgyne, sa dextérité, n'était pas sans évoquer a l'Ecorché, homme de culture, la figure d'un Chevalier d'Eon des temps modernes. "La Gradée", comme il l'avait nommé, ignorant pour l'instant son nom, était forte en promesse d'un spectacle saisissant.

Quel heureux hasard, elle était sa proie.

Dans l'arène du combat, le Consortium avait baissé le pouce. "A mort", le spectacle est fini. Le piège fut levé. les deux lionnes engloutit. Il était temps pour lui de descendre de sa cachette. L'entrepot n'avait pas été choisi par hasard. Il était a deux rues de l'entrée d'anciens complexes souterrains d'Umbrella.

Voila un temps, qui paraissait bien long, que l'Ecorché l'avait franchi, cette entrée, et attendait patiemment l'arrivée du fauve. Elle ne saurait tarder. Tout avait été prévu pour, comme l'étaient les anciennes chasses a cour. Le gibier avait été piégé, dispersé, apeuré. Il ne manquerait pas de prendre maintenant la seule issue que le chasseur avait autorisé. Il attendait devant la seule sortie possible. Tout n'était qu'affaire de patience. La patience était cependant un luxe pour l'anarchiste, et le luxe n'est guère que la vertu du bourgeois. Il passait donc le temps en contemplant les détails du décor, peu présent dans un souterrain. Les traces que l'érosion avait laissait ça et la, les taches témoignant de l'ancienne présence humaine. Le tour était très vite fait. L'impatience commençait a monter. L'Ecorché soupira, roula ses doigts sur un bouton de sa redingote, par simple tic.

Il regarda le détonateur que sa main droite pressait. Une humble merveille: un cylindre gris, annonciateur cela dit d'un panache qu'il avait minutieusement calculé. Il fallait que la charge soit absolument non-léthale. Mais suffisante pour sonner sa victime. Le temps de l'interroger, d'en savoir plus sur ces benets de protecteur d'un Ordre Mondial décadent.

Voila que la chef de file des benets arrivait justement. Il la reconnut, ombre boitillante dans le lointain du boyau souterrain. Lui restait impassible, protegé par l'ombre. Dans quelques mètres, elle arriverait au niveau de la charge, dissumulée astucieusement derrière un tuyau de canalisation. Il imaginait deja la scène: un geste du majeur, le bruit d'une sonnerie électrique, puis un petit "boom". Elle serait par terre, gisante, sonnée. Il sera alors grand temps de faire les présentations.
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Jaina D'Arcy
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Mer 21 Juil - 2:52

Elle poursuivait sa progression, ses pensées se bousculant dans son esprit. Qu'est-ce qu'Umbrella pouvait bien vouloir à Roxane? Qu'allaient-ils lui faire? Pour elle, il n'y avait pas encore de lien entre le Consortium et le mal. Elle avait toujours été habituée à impliquer Umbrella dans ses soucis personnels, et le Consortium était une nouvelle organisation pour elle. Enfin, cela revenait totalement au même. Une saloperie de grosse multinationale s'en prenait à son entourage, que ce soit ses parents, frère, frères d'armes, comme ses collègues. Elle ne pouvait s'empêcher de se sentir comme un des atomes où gravitaient les électrons d'Umbrella, à savoir, les emmerdes.

Il fallait qu'elle les retrouve. La vengeance avait guidé la jeune femme depuis sa toute jeunesse. Depuis ses huit ans, elle n'aspirait qu'à se venger. Qu'à faire mordre la poussière à ces enfoirés qui se croyaient les maîtres du monde, qui contrôlaient chaque fait et geste de chaque citoyen sur cette foutue planète. Qu'à venger tous ceux qui étaient morts, tous ces innocents, tous les visages de Raccoon, tous ces gens qu'elle avait croisés, au moins une fois dans une rue de la ville détruite, rasée par 5 kilotonnes de charge nucléaire, sacrifiée sur l'autel du grotesque d'Umbrella. Avec l'âge et l'expérience, la vengeance, autrefois corps monstrueux et tentaculaire, avait pris une autre forme, une autre dimension. Elle s'était précisée, affinée. Jaina n'en avait pas fait un simple moteur pour sa quête personnelle. Elle l'avait enchaînée à sa volonté, elle l'avait affaiblie, elle lui avait donné un visage, mais pas de nom : vengeance était suffisant. Et elle devenait un avatar de la vengeance, parfaitement contrôlée. Jusqu'au jour où elle perdra le contrôle... Et croyez-moi, ce jour-là, je vous conseille d'acheter un aller simple pour le Pôle Nord. Parce que le système d'autodestruction en profitera pour en emporter un maximum avec elle.

Mais pour l'instant, elle claudiquait lamentablement vers le centre du complexe souterrain. A côté d'elle, les canalisations gouttaient, une vague odeur de rouille, de décrépitude. L'odeur de l'abandon. De la vie organique qui reprenait le dessus, qui s'infiltrait dans les créations de l'homme, un peu sournoisement. Moiteur et humidité. Son instinct, qui lui avait sauvé à de nombreuses reprises la vie, lui cria alors de se dégager. Une seconde plus tard, une explosion la soufflait sur le sol. Elle se protégea le visage de ses bras, se roula en boule pour limiter le choc de la chute. Toussant, elle se releva, inhalant de la fumée, remarquant une bombe artisanale, en tout cas les restes d'une bombe artisanale, qui lui avait pété à la gueule et qui lui avait cuit la moitié du visage, rougissant sa peau.

What the hell is that?

Elle passa la main devant sa bouche, remarqua presque stoïquement la tâche de sang qui la macula, et ses yeux tombèrent sur son ventre, où un morceau de canalisation incandescent était planté. La douleur, comme si, sournoisement, elle avait attendu que la jeune femme en ait la cause en visuel, l'envahit instantanément, et la plia en deux.

Effectivement, on ne s'ennuie pas, avec moi.

Avec un soupir presque ironique, elle se redressa lentement, saisit le morceau de métal rouillé à pleine main, puis l'arracha. Elle se replia en deux, la main crispée sur sa plaie ouverte, cracha du sang.

Si Umbrella a eu son utilité quelque part, je crois que c'est maintenant. Allez, magne-toi, métabolisme à la con !

Des cloques couvraient sa joue gauche. Une vague sensation de brûlure la traversa, puis, la peau sembla se désagréger, comme à la suite d'un vilain coup de soleil, puis elle tomba d'elle-même, avec un crépitement désagréable et repoussant. Sous la peau morte, une nouvelle peau, toute rose, comme celle d'un bébé, qui commençait du haut du front, traversant l'oeil bleu de la jeune femme, sa pommette, sa joue et le bas de sa mâchoire. C'était assez immonde. Et elle ne doutait pas que le reste de son corps meurtri n'allait pas tarder à faire la même chose. Elle tituba. Le désavantage de ces guérisons miracles et spontanée, était qu'elle devait consommer le plus rapidement possible une grande quantité de glucose. Sans quoi elle risquait l'évanouissement.

Mais le plus urgent, lui semblait-il, était de trouver le propriétaire du détonateur qui avait fait exploser l'engin si proche d'elle.
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L'Ecorché
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Mer 21 Juil - 13:29

Tout a première vue c'était passé comme il l'escomptait. L'androgyne de le BSAA était arrivé au loin. Il avait appuyé, non sans un léger rictus, sur le détonateur. La charge avait explosée, mettant a terre la proie qu'on lui avait confié ce soir.

Gisante, elle n'était plus un danger. L'Ecorché avança donc dans le boyau soutterain d'un pas confiant, vers celle que le souffle de la bombe artisanale avait, selon toute attente, sonnée. Dans quelques mètres, il serait devant elle, elle impuissante. Il voulait se présenter, et présenter les motifs de son action, à celle qui allait trépasser pour une cause qui probablement lui échappait. La cause d'un monde plus juste, qui réclamait cependant des sacrifices. Sacrifice dont elle faisait finalement partie. Cette volonté d'une quasi-confession, improbable dans ces conditions, l'étonna lui-même. Il en ressentait le besoin, mais d'ou venait-il? Ce n'était pas du sadisme, il en était certain. Aussi certain que cela n'émanait pas d'un possible sentiment de supériorité du chasseur sur la proie. Il le savait: il exposerait ses motifs pour ne pas être pris pour un salaud, un simple mercenaire en quête de gloriole et de profit. Elle devait comprendre qu'il travaillait pour le Consortium, mais n'était pas le Consortium. Le Consortium était juste la manifestation d'un monde pourri, qu'il conduira a l'auto-destruction, pour laisser place a un univers juste.

Il la hélerait dans quelques mètres. Il ne fallait pas être pressé. La cible était de toute façon hors d'état de nuire. Il pensait déjà a sa méthode d'interrogatoire, et a la façon de procéder pour l'achever. Il n'avait plus qu'un vieux revolver, et de quoi faire un cocktail molotov, qui dans de telles conditions serait bien inutile.

L'Ecorché s'était attendu a un spectacle saisissant, en regardant les deux agents du BSAA lutter à la surface. Il ne s'était pas attendu cependant a un spectacle qui comprometterait son plan d'action...

L'Androgyne s'était relevé! Par quel miracle? Il avait pourtant calculé savamment et la dose de poudre d'alumium de son engin, et l'emplacement de l'explosion. Il était propement impossible que l'individu puisse se relever si aisement, au bout d'a peine quelques minutes. Il en été surpris, mais également mécontent. Il sentit les ongles de ses doigts s'enfoncer nerveusement dans les paumes de ses mains, crispées par la tournure inattendue des évènements. Que faire? Il était a seulement quelques mètres d'elle, et les ordres étaient ce qu'ils étaient: s'occuper de "La Gradée", par tous les moyens possibles. Battre en retraite était une erreur. Le bruit de ses pas serait de plus amplement suffisant pour que sa cible le repère. Elle aurait alors l'avantage de la traque, puisqu'il lui tournerait le dos. Non, il devait continuer. Elle était peut-etre debout, mais il pouvait voir clairement qu'elle était a deux doigts de défaillir.

Il était venu pour l'achever, la mission devait etre remplie. Une agent du BSAA en moins, c'est tout de même une liberté de plus pour le Consortium de travailler paisiblement a récupérer l'héritage d'Umbrella, et une chance de plus que leurs petites expériences déraillent, et mettent en péril ce cupide ordre mondial établi.

Elle le cherchait du regard. Il était tant d'entrer en scène.

Eloigné de quelques mètres, il prononça d'une voix haute, qui résonnait sur les pierres du tunnel souterrain, comme la voix d'un spectre.

"Elle aurait du vous assomer et vous laisser inconsciente. Il semblerait que vous êtes une dure a cuire. La partie ne saurait cependant se prolonger plus que cette nuit. Les votres du BSAA sont un poid sur un monde qui crie au changement. Vous protégez un ordre las et décadent. Les bons et les faibles attendent leur revanche."

Sa voix se voulait naturelle et imposante. Elle n'était cependant qu'artificielle. Instinctivement, l'Ecorché se sentait en position de faiblesse face a cette femme qui semblait insensible a la douleur... et peut-etre a la mort? Il restait donc sur ses gardes, attendant la réaction de l'androgyne, sa proie, redoutant qu'elle ne devienne par la suite le chasseur. Son masque heureusement lui garantissait de ne pas etre trahi par les gouttes de sueur froide qui coulait de son front, s'épongeant dans la toile de son accoutrement.
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Roxane Loran de Valois
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Mer 21 Juil - 19:11

Roxane ignorait où elle se trouvait. Elle se sentait flotter. Peu à peu, elle reprit possession de son corps et ouvrit les yeux. L'obscurité la plus totale l'enveloppait. Elle était nul part. Une petite voix au fond d'elle lui murmurait que ce n'était pas la réalité. Elle n'était pas éveillée. La jeune femme haussa les épaules et commença à marcher. Elle comprit bien vite que cet endroit n'était rien. Le néant le plus total. Pas de son. Pas de lumière. Rien du tout. Le sniper avait l'impression assez désagréable de ne pas avancer. Elle continua pourtant, dans un silence total. Elle entendait son cœur battre, son sang circuler, mais aucun son ne provenait de ses pas. Le temps et l'espace ne s'appliquaient visiblement pas à ce lieu sans fin, où chaque seconde semblait devenir des heures.

Roxane : - Mais qu'est-ce que je fais ici ? Je dois retrouver le capitaine... C'est vraiment minable de se faire avoir comme ça. Il faudra que je rattrape ces erreurs pathétiques.

Elle s'était faite avoir. D'un autre côté, que pouvait-elle faire ? Coincée au fond d'un trou, sans balle, avec des zombies autour, Roxane avait été bloquée. Et cela la mettait hors d'elle. Une rage sourde bourdonnait à ses temps. La haine de l'échec.

Ses pas l'amenèrent devant une porte qui semblait l'éviter dans les ténèbres environnantes. Une simple porte de bois sombre, avec une poignée dorée. Roxane la regarda longuement, son cerveau suivant une réflexion un peu tordue, mais juste. Sa voix résonnait dans le vide.

Roxane : - Je ne suis pas morte. Ça j'en suis quasiment sûre. Sinon je pourrais prendre ça pour la porte des Enfers ou une crétinerie dans ce genre. Donc cette porte est dans ma tête. Puisque je ne suis pas morte, je dois être évanouie ou dans le coma. Ce qui est fort probable parce que le dose d'anesthésiant que j'ai reçu n'est pas faite pour les amateurs. Mais de qui vient-elle ? Bah, je verrai ça plus tard. Je suis en face d'une porte dans le néant. Soit. Ce doit être une sorte de message de mon subconscient qui veut me montrer quelque chose bloqué par ma mémoire. Une sorte de barrière établie entre les ténèbres et la lumière. Et puis... Non mais je délire. Depuis quand je dois philosopher pour ouvrir une porte. Qui flotte dans le néant en plus. Au pire, y a rien derrière. Au mieux... Le mieux se serait que je me réveille et que je chope le connard qui m'a endormie. Tiens bah voilà que je sombre dans la vulgarité. De mieux en mieux. Ça fait beaucoup de mieux tout ça. Bref. Ce n'est qu'une porte. Qu'est-ce qui est entrain d'arriver au capitaine en ce moment ? Je dois revenir le plus vite possible. Bon et puis pour la porte...

Elle tourna la poignée avec humeur. De l'autre côté il n'y avait rien de plus. Une obscurité complète. Puis petit à petit, des lueurs lointaines s'allumèrent, délimitant un chemin dans le noir. Des miroirs bordaient le sentier qui s'enfonçait dans les ténèbres. Roxane soupira.

Roxane : - Alors si je puis me permettre, mon subconscient, tu aurais pu innover un peu pour le passage « grosses révélations ». Parce que là, c'est banal quand même. Mais bon.

Elle se figea un instant, en se demandant pourquoi elle parlait à voix haute. Pour se rassurer sans doute. Pour se dire que temps qu'elle s'entendait, elle n'était pas morte. Cette preuve de faiblesse de sa part l'énerva encore un peu plus.

Roxane : - Bon. On va abréger le délire.

Elle avança à grands pas, les sourcils froncés, le regard d'une froideur extrême. Et les images commencèrent à défiler sur les miroirs. Malgré elle, elle s'arrêta. Figée.

Une gamine jouait dans la cour d'une grande maison à colombages. Un cheval était entrain d'être ferré, à l'ombre. Le maréchal ferrant tapait dur sur le fer, ses coups de marteau emplissant l'air d'une musique rythmée. Un grand chien noir courait le long du portail en aboyant contre les passants. Une femme apparut dans l'entrée, restant à l'ombre. Sa peau était très blanche et contrastait avec sa robe sombre. Ses longs cheveux noirs étaient nattés, descendant jusqu'au creux de ses reins. Un doux sourire sur ses lèvres. Elle fut rejointe par un homme en redingote. La peau claire lui aussi. Et son regard arrêta un instant le temps. Des yeux gris acier, d'une dureté et d'une froideur effroyables. Son visage sans aucune expression, un havane entre les lèvres, les mains croisées derrière son dos. Il semblait être un fauve près à bondir sur sa proie. Sans pour autant prendre plaisir à la chasse. La femme appela la gamine, avec une voix tendre. Au début le sniper l'entendit mal. Et lorsqu'elle comprit, son cœur rata un battement.

« ...ne ! ...ane ! Roxane ! Viens ici mon ange ! »

L'enfant releva la tête et courut vers ses parents. Un brusque changement de plan. Une feuille où la petite écrivait encore et encore son prénom.

« Roxane Loran de Valois. Roxane Loran de Valois. Roxane Loran de Valois. »

Elle planta son regard d'acier dans celui de la jeune femme, ses deux yeux glacés la dévisagèrent longuement. Et l'image s'effaça.

Roxane : - C'est quoi ce bordel...c'est quoi ce bordel...C'EST QUOI CE BORDEL !!!

Elle se mit à courir, cherchant la sortie. Son œil droit lui faisait mal, sa cicatrice semblait sur le point d'éclater, sa chair se déchirer.

Roxane : - Je veux une sortie. MAINTENANT !

Une autre porte. Plus raffinée celle-ci. Avec un étrange logo gravé dessus. Une sorte de parapluie. Roxane ouvrit la porte d'un grand coup de pied et fut éblouie.

Elle était allongée dans l'herbe, ne sentant plus du tout la partie droite de son visage. Un homme était penché sur elle.

Scientifique 1 : - Elle est réveillée.
Scientifique 2 : - Bah c'est super. Demande lui pour le tatouage.

Elle tenta de se redresser mais une main ferme la força à rester allongée.

Scientifique 1 : - Ne bougez pas mademoiselle de Valois. Vous avez reçu le virus. Nous ignorons totalement quel effet il va avoir sur vous. En tout cas, vous êtes devenu un cobaye. Votre petit tatouage ou votre numéro de série, je vous le mets dans le cou ?

Roxane se redressa enfin, et lui répondit la bouche pâteuse.

Roxane : - Non...avant-bras...le gauche...

L'homme la regarda longuement et s'exécuta. Elle ne sentit rien. Lentement son cerveau assimilait le fait qu'elle était devenue un cobaye. Un cobaye ?

Roxane : - Je suis devenue un quoi ?

Les deux scientifiques se penchèrent vers elle, et échangèrent leurs idées sans lui répondre.

Scientifique 1 : - L'anesthésie l'a un peu sonnée.
Scientifique 2 : - Un peu ? Vu ce qu'on lui a injectée aussi...
Scientifique 1 : - Elle a tué trois personnes. Il fallait bien ça.
Scientifique 2 : - Ouais mais quand même...enfin je m'en fous.
Scientifique 1 : - Ce qui m'ennuie, c'est qu'on se connaisse pas les effets que cela va avoir sur elle. Je sais vaguement que ce sera dans le même genre que l'autre-là...le projet A.
Scientifique 2 : - Ah ouais. La télékinésiste ! Je veux même pas m'en rappeler... J'espère qu'elle finira pas comme elle. Sinon le patron va nous défoncer.

Ils continuèrent tranquillement leur petit dialogue. La rage était revenue, bourdonnant de plus en plus fort dans les tympans de Roxane. Elle attrapa un des scientifiques et approcha son visage du sien.

Roxane : - Écoute moi bien petit con. Tu me dis ce qui c'est passé ou c'est moi qui te défonce. T'as compris ?

Scientifique 2 : - Ça m'étonnerait que tu puisses faire quoi que ce soit vu ton état gamine. Mais si tu veux tout savoir, on t'a choisie pour devenir un de nos cobayes. Nous t'avons injectée le virus sans avoir la moindre idée de ce que cela fera sur toi. Ah oui et j'en ai profité pour effacer cette vilaine cicatrice que tu avais à l'œil. Par contre tu as la pupille rouge sang, ça doit être suite à ta première injection.

Roxane : - J'ai jamais reçu votre virus.

Scientifique 1 : - Ne parle pas trop Robert. Elle va nous claquer entre les doigts.

Roxane : - J'en connais deux qui vont claquer en effet.

Elle resserra sa prise sur le col de son prisonnier et de l'autre main, lui brisa la nuque d'un coup sec. Il s'écroula sur le sol, les yeux grands ouverts, un peu de sang au coin des lèvres. Roxane se releva péniblement. Et tourna son regard vers le second homme, qui ne comprenait visiblement pas ce qui se passait.

Roxane : - Mon manteau. Et mon bandeau.

Il le lui tendit en tremblant. Approchant de lui, titubant un peu, elle le regarda chercher fébrilement son bandeau. Elle le lui arracha des mains et le replaça machinalement sur son œil.

Scientifique 1 : - C'est impossible... tu ne devrais pas pouvoir bouger...tu devrais être plier en deux par la douleur...c'est impossible...impossible...

Roxane : - Tu savais pas que j'avais fait un an à la Légion Étrangère ? Là-bas, on apprend à gérer la douleur. Mon corps a peut être mal, mais je ne le sens pas. Toi par contre, tu vas le sentir.

Sur ces mots, elle attrapa sa tête et la fracassa contre un rocher. La boîte crânienne vola en éclats, les yeux sortirent de leurs orbites tandis que le sang et la cervelle coulaient abondamment sur le sol, un épais mélange vermeille, gris et rose, gluant. D'un geste rageur, elle donna encore un coup de pied dans les côtes, envoyant valser le cadavre. Une forte odeur de sang emplit l'air un instant puis un coup de vent l'emporta. Elle aperçut des yeux rougeoyants qui la guettaient. Un petit groupe de zombies avança vers elle, alléché par l'odeur du sang.

Roxane : - C'est l'heure de la bouffe mes petits chéris. Regardez, je vous ai ramenés de la bonne viande toute fraiche. Il y a même de la cervelle. Bon appétit.

Et la jeune femme leur tourna le dos, les laissant laper la flaque de sang, un gourmand entreprenant de sucer le reste de matière grise sur le cadavre. Elle fit quelques pas dans le noir et se tourna vers eux.

Roxane : - Mais dites moi... on est où là ?

Ils poussèrent des grognements sans se déranger. Comprenant qu'il fallait en profiter pour filer, la jeune femme s'enfonça dans l'obscurité sans savoir où elle allait. Roxane se sentait horriblement mal, mentalement comme physiquement. Mais elle ne pouvait abandonner son capitaine. C'était une question d'honneur. Sans réfléchir, elle laissa ses pas la guider. Elle revint au début du cafouillage. La cabane.

Roxane resta un long moment devant l'entrée. A l'intérieure, plusieurs cadavres. Des scientifiques visiblement, qui ne s'étaient pas attendus à une forte résistance. Elle les enjamba, les fouilla. L'un d'eux portait sur lui un petit S&W. Elle l'empocha.

Roxane : - Merci mec. Là où t'es tu dois pas en avoir besoin.

Elle avança vers le piège et se pencha. Son capitaine n'y était plus. Elle grommela et fit rapidement le tour de la pièce, puis de l'extérieure autour de la cabane. La douleur sourde commençait à rendre ses membres lourds, son esprit s'embrouillait de plus en plus.

C'est pas le moment. Tiens encore un peu Roxane... Courage...

Elle s'assit sur un cadavre, ce qui était tout de même plus confortable que le sol. Il était encore un peu chaud. Un couteau planté dans la gorge.

C'est pas de moi ça...

Le capitaine était donc sortie. Oui mais pour aller où. Un voile couvrit un instant la vue de la jeune femme. Elle appela, sans grand espoir.

Roxane : - Capitaine... Si vous pouviez me donner un signe de vie pour savoir si je dois vous rejoindre et crever après ou juste crever maintenant, ce serait vraiment sympa merci !

Sa voix résonna dans la pièce, vrillant ses tempes. Elle se surprit à prier pour avoir une réponse, n'importe quoi, pour qu'elle se relève. Sinon, elle resterait là, assise sur un cadavre, en attendant la Faucheuse ou les zombies qui viendraient voir si il n'y avait pas du rab.
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Jaina D'Arcy
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Mer 21 Juil - 19:27

Il ne tarda pas à se manifester. Par ses bruits de pas. Il avançait vraisemblablement vers elle. Jaina en était étonnée, dans la mesure où elle pouvait être étonnée après un tel coup abrutissant, et avec son sang qui se vidait mollement à travers sa chemise. Peut-être était-ce un caprice de son esprit fatigué et ahuri, qui commençait largement à planer et à céder la place à son corps qui s'apparentait désormais à une épave, mais une pensée spontanée et par ailleurs censée lui vint immédiatement, quand elle retira ses mains, recouverte de la couche de sang coagulé et de terre à laquelle se superposait désormais une nouvelle couche, celle de son sang d'un rouge éclatant et épais, dissolvant la croûte :

Et dire que j'avais encore l'espoir de récupérer ma chemise à 400$... Maintenant, c'est totalement foutu.

Sur ces paroles pleines de bon sens, elle rouvrit les yeux. Le monde était légèrement flou, elle plissa ses paupières pour tenter de mieux le distinguer. Elle apercevait une forme sombre qui s'avançait vers elle, sans aucun doute son agresseur. Elle n'avait plus de munitions dans ses pistolets. Elle jura entre ses dents, tandis qu'une douleur fulgurante zébra son ventre, menaçant de la plier en deux et la laisser à la merci de ce nouvel ennemi, qui n'avait pour l'instant pas de visage. Et qui n'en aurait pas, songea-t-elle, quand elle vit que son visage était totalement recouvert par une sorte de sac informe où seuls perçaient les yeux.

Se montrer à visage découvert était déjà une grossière erreur. Enfin, il ne pouvait pas le savoir. Il ne pouvait pas imaginer tout ce qui se passait dans ses entrailles, cette chair qui se reconstituait en puisant dans ses ressources. Il ne pouvait pas savoir que quand elle lâchait ses capacités physiques, plus de munition ou pas, elle était capable d'abattre un ours. Il ne pouvait pas savoir qu'elle n'était pas en train de se tordre de douleur parce qu'elle était en train de crever mais justement parce qu'elle reprenait des forces et que, doucement, sa rage s'infiltrait dans ses muscles. Mais en plus, il lui parlait. Ce qui lui permettait de le jauger. Ce qui lui permettait d'inscrire dans sa mémoire le ton de la voix de son agresseur, pour le reconnaître plus tard. Si elle en avait l'occasion. Et elle pouvait désormais situer son ennemi dans l'espace, grâce au léger écho qu ise répercutait jusqu'à ses oreilles.

Elle leva son regard vairon vers lui. Vers ce qu'elle pouvait distinguer de lui.

L'Ecorché : "Elle aurait dû vous assomer et vous laisser inconsciente. Il semblerait que vous êtes une dure a cuire. La partie ne saurait cependant se prolonger plus que cette nuit. Les votres du BSAA sont un poids sur un monde qui crie au changement. Vous protégez un ordre las et décadent. Les bons et les faibles attendent leur revanche."

Jaina esquissa un sourire. Quel était ce discours ridicule et totalement désuet? Un monde qui crie au changement? Jaina était persuadée de la régression du monde, d'un retour à l'état de nature, du moins à l'état sauvage. Mais la jeune femme était loin d'être encline à engager la conversation avec un type qui avait voulu que sa vie se termine un peu abruptement au fond d'un sous-sol dégueulasse, seule comme une chienne, seule comme elle l'avait toujours été.

Jaina : - C'est juste que vous vous êtes un petit peu raté au niveau de la charge. Et qu'il en faut beaucoup plus pour m'arrêter.

Elle se sent de plus en plus présente, ses membres répondent à ses sollicitations. Elle avait désormais conscience de ses blessures, son esprit se recentrait sur le moment présent, et ses forces physiques remontaient en elle.

Jaina : - Vous savez... Quel que soit votre discours, la raison que vous pensez la plus valable pour vous battre sous les couleurs du Consortium... Déjà, premièrement, je m'en tape comme de ma première mutation en banlieue. D'autre part, que vous trouviez ne serait-ce qu'une raison soi-disant "bonne" me révulse et me fait mépriser votre petite personne. Tertio, me rater est la pire erreur que vous auriez pu faire.

Elle sortit son arme, vide de toutes munitions, et en pointa le canon vers l'inconnu. Elle baissa le percuteur.

Jaina : - Alors, le guignol, soit tu es très mal renseigné sur moi, soit tu es complètement inconscient. Tu as un choix qui s'offre à toi : soit tu me dis où trouver la sortie et je te laisse encore t'amuser avec ta quincaillerie, soit tu crèves tout seul la bouche ouverte sans avoir eu le temps de dire au revoir à ta mère. Je me suis bien fait comprendre?

Son regard vairon, dont la pupille bleue était sombre et changeante, restait froid, jetant quelques éclairs, marquant la détermination de la jeune femme. Sa main ne tremblait pas, et elle s'était redressée, comme si elle n'avait jamais été blessée, bien que le morceau de canalisation gisait à quelques mètres de là, encore souillé de son sang.

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L'Ecorché
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Mer 21 Juil - 20:30

Alors, le guignol, soit tu es très mal renseigné sur moi, soit tu es complètement inconscient. Tu as un choix qui s'offre à toi : soit tu me dis où trouver la sortie et je te laisse encore t'amuser avec ta quincaillerie, soit tu crèves tout seul la bouche ouverte sans avoir eu le temps de dire au revoir à ta mère. Je me suis bien fait comprendre?

L'espace d'un instant, les pupilles de l'Ecorché se dilatèrent de surprise. Comme tout individu, aussi fanatique soit-il, il tenait à la vie, plus par sentiment d'utilité que par un attachement réel au plaisir qu'elle pouvait promettre. Vivre était une chance de faire changer le monde, de rendre la justice. Il ne pouvait pas s'offrir le luxe de mourir, pas de cette manière en tout cas. Le monde n'était qu'au bord du changement. Plus que jamais ses acteurs étaient essentiels, des acteurs vivants.

La menace qu'incarnait ce revolver pointé vers lui n'était pas la seule surprise au menu pour l'Ecorché. La nature même de celle qui le menaçait l'avait amplement deçu. Il avait vu juste en la comparant a un fauve. De l'animal, elle partageait la force, l'agilité, mais aussi le manque de rationalité, l'incapacité a communiquer. Elle était sans doute une machine a tuer efficace, a n'en point douté. C'était aussi sur pour lui que le fait qu'elle n'était également qu'un petit pion, qui exécutait machinalement sa tache... L'avenir de ce monde était une donnée trop abstraite pour elle? Ou était-elle plongée dans un manichéisme si profond qu'il en était devenu absurde?

Peu lui importait les motifs, les marques dans la chair qui avait taillé cette femme en un esprit peut etre trop grossier. Il devait focaliser son attention sur le revolver... Il se remémora la bataille a laquelle il avait assisté. Avant qu'elles ne tombent dans le piège, il avait cru, en comptant les balles, que son arme était déchargé.

Un bluff? Jouer a pile ou face sa vie semblait etre un pari bien trop risqué pour lui. Il ne pouvait pour autant se permettre de la laisser partir sans donner une chance aux zombis survivant a leur tuerie une chance d'égaliser la partie. Gagner du temps permettrait peut-etre finalement aux hommes du Consortium qui devait s'occuper de la première cible de rappliquer ici?

Du temps oui. Et il pouvait en gagner. Il ne connaissait que trop bien le contenu de ses poches pour savoir que le moindre tir de l'androgyne serait fatal pour lui, mais la brulerait elle aussi, dans un panache d'étincelle et de flammes. La "quincaillerie" qu'il avait confectionné sur le toit de l'entrepot était un petit coktail des plus stables a base de TNT. Au trinitrotoluène et, au benzène qui sert de solution de base a toute ses "oeuvres", l'Ecorché avait ajouté de la poudre d'alumium, ajout mortel, mais surtout collant. La poche intérieur de sa redingote en contenait, ses doigts en était surement encore maculé. Avec un peu de "chance", la détonation de la balle serait suffisante pour faire exploser la poudre, qui le mettrait alors en feu, et lacherait le fuel de son cocktail molotov, encore éteint, liqueur de flamme qui propagerait le feu tout autour de lui.

Il ne serait certainement pas léthale pour l'androgyne. Tout aussi peu léthal que sa charge. Elle ne serait que grièvement brulée, mais certainement survivrait-elle. Le coup devait etre cependant tenté. Elle n'était certainement pas chimiste, et il la voyait mal capable de juger, en pleine obscurité et dans une si facheuse posture, si les doses de ses poches étaient suffisante pour etre mortel a quelqu'un d'autre qu'a L'Ecorché lui même.

Il posa son regard sur le regard de Jaina, un regard voulu calme sur son regard sanguinaire.

"Il faut etre courageuse, ou fortement stupide, pour menacer au pistolet, a bout portant, un homme qui vient juste de manier des explosifs. Faites moi confiance: mes poches, mon gilet, ma redingote, sont pleines de molécules, dont vous seriez incapable de prononcer le nom d'ailleurs, pretes a exploser dans un feu d'artifice qui nous engloutirait tout deux dans un noir, disons, perpétuel. La charge que j'ai posé n'est qu'un avant-gout (pur mensonge, il n'avait rien prévu d'autre hormis ce coktail) de l'enfer qui peut vous attendre lorsque vous appuirez sur la détente. Alors, tirez donc, si vous voulez en finir avec ma vie, et la votre par la même occasion."

Le mensonge de l'Ecorché, qui ignorait lui-meme au passage si il en était vraiment un ou non, ce fait dépendant du hasard, de la chaleur ambiante, de la distance d'ou tirait D'Arcy, de l'intensité de la poudre, de l'humidité du boyau souterrain, pouvait tout de même marcher. Il priait pour que cela marche. Peut-etre même qu'il allait lui laisser le temps de fouiller dans sa poche droite, et de trouver sa propre arme.

"Oh, et inutile de tirer en pleine tête. La chaleur de l'impact suffira a me transformer en torche humaine, tout comme vous."
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Roxane Loran de Valois
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Mer 21 Juil - 21:13

Pas de réponse. Roxane n'avait eu aucune réponse.

Roxane : - Et merde...

Elle se leva en titubant. Le sol tanguait affreusement sous ses pieds, elle qui n'avait jamais été ivre fut dégoutée de l'alcool pour un bon moment. La jeune femme secoua la tête, tentant de chasser le voile opaque devant ses yeux. Elle entendait les pas des zombies qui se rapprochaient, c'était visiblement l'heure du dessert. Son sang ne circulait pas correctement dans ses membres, devenu rigides par le froid, et la dureté du cadavre qui lui servait de fauteuil. Pour se dégourdir les jambes, elle refit le tour de la petite pièce. Un morceau de miroir brisé lui renvoya son reflet.

Roxane : - Mais c'est quoi ça ?

La cravate dénouée, la veste mal ajustée, la chemise maculée de sang, le col ouvert, Roxane avait tout perdu de son élégance. Elle lâcha un juron et remit de l'ordre dans sa tenue. En quelques secondes, son col était parfaitement ajusté, sa cravate nouée, la veste boutonnée (tant pis pour les tâches sur la chemise). Elle épousseta son manteau et chercha machinalement son beretta. Ne pas le trouver éveilla une petite angoisse en elle. Se souvenant qu'elle l'avait donner à Jaina, elle grommela.

Roxane : - Bon... Je vais retrouver le capitaine et mon arme par la même occasion. D'une pierre deux coups.

Le sniper se baissa et récupéra le couteau planté dans la gorge d'un des hommes, nettoyant la lame sur le cadavre et jeta un nouveau coup d'œil au lieu.

Elle n'est pas sortie... C'est certain... Elle a forcément laissé des traces...

Roxane remarqua un passage, bien camouflé, assez étroit, des traces s'y enfonçant.

Parfait.

La douleur la rappela rapidement à l'ordre, la forçant à se laisser glisser sur le sol. S'appuyant contre le mur, la jeune femme étouffa un grognement de douleur. Elle fouilla dans son esprit et se rappela les paroles d'un des ses anciens coéquipiers.

C'est le cerveau qui te dit que tu as mal. Alors si tu souffres d'une grosse douleur qui te cloue au sol, fais toi mal. Il sera tellement occupé à gérer la nouvelle douleur qu'il en oubliera la première.

La jeune femme n'était pas sûre que ces paroles soient vraies. Mais la situation était plus ou moins désespérée, elle regarda le couteau qu'elle tenait à la main. L'acier était froid, parcouru de reflets durs. Elle pensa à son propre œil, son visage, tellement glacial qui mettait une barrière entre elle et le monde. Elle sourit.

Roxane : - Je vais vite voir si il m'a raconter des conneries.

Ses doigts se resserrèrent autour du manche. L'arme se planta dans son coude. La douleur fut fulgurante, faisant preuve d'une telle violence qu'elle effaçait totalement la première.

Roxane : - Ah ouais...ça marche. Bah c'est cool.

Elle se releva et s'engagea dans le passage. L'humidité et l'odeur de moisissure lui l'oppressèrent un instant. L'odeur métallique de la rouille, lui rappela celui du sang qui emplissait sa bouche. Elle fit quelques pas. Il faisait noir comme dans un four, une obscurité complète. Son regard s'habitua peu à peu aux ténèbres. Elle ne put s'empêcher de penser au message de son subconscient.

Roxane : - Non mais il faut vraiment faire un effort sur le décor. C'est trop banal.

Elle reprit sa route, marchant avec un certain aplomb, suivant les traces de sang, ne se tenant même pas au mur. Elle gérait la douleur comme on le lui avait appris. Mais la rage, la haine était toujours là et faisait luire son œil d'acier, lui donnant un éclat effrayant.

Elle entendit des voix. Roxane reconnut tout de suite celle de Jaina. Et une autre. Les dernières phrases du capitaine lui parvinrent distinctement.

Jaina : - Alors, le guignol, soit tu es très mal renseigné sur moi, soit tu es complètement inconscient. Tu as un choix qui s'offre à toi : soit tu me dis où trouver la sortie et je te laisse encore t'amuser avec ta quincaillerie, soit tu crèves tout seul la bouche ouverte sans avoir eu le temps de dire au revoir à ta mère. Je me suis bien fait comprendre?

Elle devait pointer son arme sur le dénommé « guignol ». une arme sans balle. Roxane pressa le pas, ignorant les protestations de son corps. Une autre voix, celle d'un homme, un peu étouffé, répondit à Jaina.

"Il faut être courageuse, ou fortement stupide, pour menacer au pistolet, a bout portant, un homme qui vient juste de manier des explosifs. Faites moi confiance: mes poches, mon gilet, ma redingote, sont pleines de molécules, dont vous seriez incapable de prononcer le nom d'ailleurs, prêtes a exploser dans un feu d'artifice qui nous engloutirait tout deux dans un noir, disons, perpétuel. La charge que j'ai posé n'est qu'un avant-gout de l'enfer qui peut vous attendre lorsque vous appuierez sur la détente. Alors, tirez donc, si vous voulez en finir avec ma vie, et la votre par la même occasion."

Il ajouta, tranquillement.

"Oh, et inutile de tirer en pleine tête. La chaleur de l'impact suffira a me transformer en torche humaine, tout comme vous."

Roxane esquissa un sourire et retira d'un coup sec le couteau, toujours planté dans son coude. La nouvelle décharge de douleur lui donna un coup de fouet, elle courrait presque.

Enfin, la jeune femme parvint à la scène où se déroulait le « drame ». Jaina pointait une arme au chargeur vide, la chemise poisseuse de sang, le regard fou, sur un homme dont le visage était masqué par un sac de tissu percé au niveau des yeux. Elle retint un éclat de rire, malgré sa fatigue, elle trouvait cette scène tellement pathétique qu'elle en était risible. Puis son visage reprit son masque de froideur habituelle.

De sa démarche souple et silencieuse, Roxane fit encore quelques pas, prenant soin de ne pas se faire repérer par le « guignol ». Le couteau voltigeait entre ses doigts. Son œil d'acier luisait dans l'ombre, son teint pâle la rendait effrayante, une sorte d'incarnation de la Mort. Elle resta un instant immobile, regardant bien l'homme, ses vêtements, sa posture. Il cherchait son arme. Elle leva le bras, le couteau glissé entre deux doigts et susurra doucement, certaine d'être entendue.

Roxane : - Personne ne vous a dit que c'est cette arme qui allait vous toucher.

Son bras décrivit une courbe et le couteau fila droit sur l'homme, fendant l'air avec un léger sifflement. Il se planta dans le creux de ses reins, s'enfonçant jusqu'à la garde. Roxane approcha très calme et se présenta avec une politesse glaciale.

Roxane : - Roxane Loran de Valois. Je suis aux regrets de vous annoncer que je ne suis pas enchantée de faire votre connaissance. J'espère que vous m'en pardonnerez.

Elle attrapa Jaina par la taille et l'entraina un peu plus loin. Lui prenant son arme des mains, elle lui tendit son S&W, armé, cadeau d'un macchabée. Le coup de l'explosif inventé par le "guignol" ne l'impressionnait pas vraiment. Elle espérait que c'était du bluff.

Roxane : - Tenez capitaine. Avec cela, vous aurez plus de chance de l'abattre. L'autre est un peu défectueux. Je profite de ce moment pour vous prier de bien vouloir me pardonner pour mon absence. J'ai été retardée.

Elle se tourna vers le « guignol ». Le sniper ne dégageait rien, contrairement à Jaina. Restant impassible, immobile, le visage sans expression. Elle murmura à son capitaine, d'un ton très tranquille.

Roxane : - Vous me ferez penser à aller dans un tabac une fois que nous aurons fini avec ceci. Je dois y chercher quelque chose.

Mine de rien, elle se tenait prête à bondir. Son œil droit ne lui faisait plus mal. Il s'était ouvert et voyait. Voyait même à travers le tissu. Cela la surprit mais elle n'en montra rien. Toujours stoïque.
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L'Ecorché
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Mer 21 Juil - 22:50

Personne ne vous a dit que c'est cette arme qui allait vous toucher.

La voix était apparu de nul part, le faisant tresaillir. Comme une âme en peine, une voix sursurante était entré dans le duel... et elle n'était pas amicale. Il était encerclé. Il comprit que cette deuxième voix féminine ne pouvait venir que du deuxième agent du BSAA, cette deuxième lionne qu'il avait observé. Les hommes du Consortium n'avait pas suffit a la retenir. Maudit soient ils: il était acculé. Il s'était naïvement laissé encercler par ses pions écervelés.

Et puis un choc. Tout se passa trop vite. Un sifflement dans la prénombre, le chant d'une lame dans l'air. Et puis le crissement du couteau lacérant sa chair, se logeant dans son abdomen en une pointe de douleur aigue. Il grogna, réprima un hurlement. Il était enfoncé jusqu'a la garde.

" Roxane Loran de Valois. Je suis aux regrets de vous annoncer que je ne suis pas enchantée de faire votre connaissance. J'espère que vous m'en pardonnerez. "

De l'humour? Ces singes dressés du BSAA avaient finalement un esprit? Mais quel esprit vicié! Il était à l'image de ce monde corrompu: faible, car cruel, mais d'une cruauté basse: celle de l'individu sur d'avoir vaincu sur l'humilié, sur le faible. Devait-il mourir maintenant? Il laisserait les crimes d'une oligarchie avide des maigres bien des plus petits impunis. Il devrait s'effacer de ce monde, laissant ces "Roxane Loran de Valois", nom qui était tout un programme d'inégalité ploutocratique, triompher et s'accaparer les ressources du monde, laissant les 3/4 de ses congénaires agonir de faim, sans dignité.

Un bref épisode de sa vie, par l'adrénaline et la surprise sans doute, lui revint a l'esprit. Il était par hasard, alors qu'il flanait, devant une Eglise de Paris, pret du faubourg St-Germain. Il entendait le curé inciter, par un babillage vociféré, à l'entraide, au partage. Ita missa est. La Messe est dite. Les bourgeois sortent. Les mendiants les attendent avec espoir, l'espoir simple de l'amour d'un être humain envers un autre. L'espoir de la pitié, sentiment si humain. Parmi eux, une fillette, d'a peine 10 ans probablement. Elle s'avance vers grande dame, les yeux plein d'espoir, un sourire sur ses lèvres. Elle demande l'aumone. Elle ne reçoit que le dédain des "comme il faut", un coup discret de sac a main Givenchy, les railleries de tous ces bien-pensants en Hugo Boss. Lui regarde, et a mal au coeur. Elle n'a rien, ils ont tout. Quel mal une pièce de moins aurait fait a leur porte-feuille? Combien de licenciement ces pourris allaient-ils signer en rentrant chez eux, sirotant une camomille dans une tasse et pensant que virer le DRH de leur succursale permettrait un joli voyage a Ibiza?

Il ne capitulerait pas. La douleur était pourtant si forte, pour son corps si maladif. Il mit instinctivement une main sur son ventre, croyant soulager les spasmes de son estomac et les envies de vomir que le couteau lui provoquait. Aucun soulagement... Mais la redemption dans la rencontre entre sa main et une proche intérieur...

- Tenez capitaine. Avec cela, vous aurez plus de chance de l'abattre. L'autre est un peu défectueux. Je profite de ce moment pour vous prier de bien vouloir me pardonner pour mon absence. J'ai été retardée.

Un carré de métal... un briquet... et une bouteille... Benzin ... l'essence de son coktail et un chiffon.

-Vous me ferez penser à aller dans un tabac une fois que nous aurons fini avec ceci. Je dois y chercher quelque chose.

Trop confiante, l'aristocrate se permettait la familiarité d'oublier sa présence. Elle n'en était cependant pas totalement absente de ses gestes. Il ne pouvait decemment prendre le temps d'allumer la bouteille sans alerter l'une d'entre elle. Si elle n'en était pas consciente, la fumée ne tarderait pas a les avertir.

Le salut vint d'un grognement sourd et répété dans le tunnel. Il crut a du vent, mais le bruit était autre. Humain, mais inarticulé... C'est alors qu'il réalisa.

Un ancien laboratoire d'Umbrella, bien sur! Il impliquait la présence d'Eux. Les expérimentations! Les zombis qu'il avait si patiemment attendu, la source du bluff. Ils étaient aussi stupides qu'un skinned anglais lors d'un match Arsenal-Manchester, mais ils offraient la diversion parfaite. La Cavalerie du Consortium arrivait au galop. Les deux agents du BBSA détournèrent leur regard quelques secondes de l'Ecorché, pour scruter probablement l'arrivées des zombis. On en voyait que les ombres qui zébraient les murs, mais ils étaient proches. L'Ecorché profita de cette absence pour saisir de ses doigts tremblants le flacon et le briquet.

L'affaire d'une seconde. Le chiffon prenait feu. Il jubilait: il sentait la vie revenir en ses veines. peut-etre n'était-il pas si condamné que cela après tout. Les deux agents se retournèrent trop tard: un main a la mitaine blanche tenait fermement une bouteille bouteille de verre, dont le liquide commençait a flamber. En face de lui, derrière les deux lionnes, la garde approchait. Oui. Il pouvait les voir: leur machoire pendante, leurs yeux blanchatres et laiteux, provoquant une irrépressible envie de détourner le regard, leurs mouvements abominablement saccadé... La laideur faite corps, et pourtant il en été presque a les remercier.

L'heure était venu. Il lança le flacon comme il put: avec un geste entravé par la douleur. Le feu prit vite. De chaudes flammes, qui lui étaient réconfortantes. Le feu réchauffe les coeurs et brule les mauvais, ambivalence qu'il remarqua encore une fois, et qu'il connaissait comme on connait une vieille compagne. Il se l'était deja avouer depuis longtemps: il aimait le feu, les explosions.

Il ne put s'empecher un train d'esprit:

"Avec les amitiés du Consortium!"

Il ne s'offrit pas le temps de voir si il avait blessé quelqu'un. Il courrut vers la sortie derrière lui, derrière le mur de flammes pour ses deux proies. Il fit volte face, manquant de chuter, tira de sa poche le vieux revolver, et en tira trois coups vers les flammes. Peut-etre blesserait-il quelqu'un... Il tira surtout par effet de dissuasion d'en faire de même. Heuresement, la sortie n'était pas bien loin. Arrivé au portail, il ne put s'empecher une petite pause. A l'intérieur, les zombis s'affolaient, les flammes crépitaient. Elles ne seraient pas suffisante pour bloquer longtemps les deux agents, mais permettraient de couvrir sa fuite... et de laisser le temps aux zombis, peut-etre de finir ce qu'il avait commencer.

L'air de la surface sifflait a ses oreilles, caressait son corps. Le couteau était toujours planté dans son dos. Heureusement, il n'avait toucher ni un organe vitale, ni la colonne vertébrale. Il n'en engendrait pas moins une douleur atroce. Mais il était vivant. "Le Guignol" avait finalement prouvé qu'il était un adversaire de taille. Tel était pris qui avait cru prendre.

Sans aucune autre morale, il partit dans la nuit londonienne, cette nuit brumeuse qu'exaltaient les critiques esthétiques britanniques, ces Turners et ces Wildes. Un spectacle que l'Ecorché aurait su savourer sous de meilleurs jours. Seul comptait pour lui de rentrer au manoir du Consortium à présent, et de retirer cette dague qui le harcelait.
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Jaina D'Arcy
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Jeu 22 Juil - 4:10

Du pur bluffe. Jaina, dans ses expériences antérieures, en avait déjà fait usage. Et ce n'était pas la première fois qu'elle se trouvait face à un serial-killer, un criminel, un cinglé. Mais c'était probablement la première fois qu'elle se trouvait devant un être raisonnable dans un tel état à bluffer. Elle avait pourtant déjà survécu à bien pire. L'affrontement dantesque avec la créature qui parasitait le corps de son frère était un bon exemple, au cimetière de Raccoon. Elle avait failli y laisser sa peau, mais la créature était probablement bien plus puissante que cette silhouette indistincte, qui n'était vraisemblablement qu'un homme. Un simple mortel.

Dès sa formation de lieutenant de police en France, il y avait de cela de nombreuses années, on lui avait appris à rester inexpressive, à se maîtriser dans n'importe quelle situation. Elle savait que le plus infime clignement de paupières ou un simple tressaillement de sourcil, aussi discret soit-il, pouvait être un indice de son indécision, peut-être de sa peur. Rien, pas même dans le fond de la prunelle de ses yeux, ne pouvait laisser croire qu'elle était tétanisée. Malgré son état physique pitoyable, elle était bien campée sur ses jambes, elle restait le regard planté sur la silhouette de l'encagoulé dont le nom ne lui parvenait même pas.

L'Ecorché : - Il faut etre courageuse, ou fortement stupide, pour menacer au pistolet, a bout portant, un homme qui vient juste de manier des explosifs. Faites moi confiance: mes poches, mon gilet, ma redingote, sont pleines de molécules, dont vous seriez incapable de prononcer le nom d'ailleurs, pretes a exploser dans un feu d'artifice qui nous engloutirait tout deux dans un noir, disons, perpétuel. La charge que j'ai posé n'est qu'un avant-gout de l'enfer qui peut vous attendre lorsque vous appuirez sur la détente. Alors, tirez donc, si vous voulez en finir avec ma vie, et la votre par la même occasion.

Tandis qu'il parlait, elle forçait son coeur à ralentir, retrouver un rythme normal, ce qui était plus favorable à la réflexion qu'un battant emballé qui agrandissait son champ de vision, mais qui éclairait également considérablement l'environnement, au point de le flouter et de transformer les objets et les hommes en de simples taches de couleurs vives. Ce qu'il disait était assez évident, mais au moins, il semblait accrocher à son bluffe. Parfait. Jaina resta froide. Ne baissa pas son arme.

Jaina : - Les explosions sont loin de me terrifier. J'ai toujours aimé jouer avec le feu. Et je ne vais pas vous faire le refrain habituel, quoiqu'il me semble qu'il soit nécessaire ici : ma vie à mes yeux ne vaut rien. Pourtant, pour Umbrella et ce foutu Consortium, elle vaut des milliards et des années de recherche. La sacrifier ferait d'une pierre deux coups, quoique même à cette distance et à bout portant, je ne suis pas sûre de mourir. Et pour le petit refrain, je n'ai personne qui m'attend chez moi, ma perte ne sera un problème que pour le Consortium.

C'était encore un pieu mensonge. Jaina avait pertinemment en coeur le regard clair de la petite qui l'attendait tous les soirs dans son appartement, de la baby sitter avec qui elle partageait certains repas et à qui elle signait des chèques bien gras parce que finalement, tout le flouze qu'elle avait thésaurisé jusqu'à présent ne lui servait à rien, qui répondait au nom d'Arkadina Braveheart, elle gardait bien en tête la chaleur de son étreinte et la toute première fois où elle l'avait appelée timidement maman. C'était fleur bleu. Peut-être. Mais c'était aussi la vie de tous les jours. Elle n'était pas une héroïne qui pouvait sortir de ses fesses comme par magie un bazooka. Elle avait ses faiblesses, ses remords, sa rancune. Et Joyce était sa plus grande faiblesse. Même si elle préparait cette petite à sa potentielle disparition, elle ne pouvait s'empêcher de reporter sur elle tous ses espoirs. Elle était son enfance perdue, l'innocence qu'elle avait corrompu... [Nathalie Sarraute nous voilà].

Joyce ne devait pas rentrer dans l'équation. Apparemment, l'encagoulé ne savait rien sur elle. Il n'avait pas laissé transparaître qu'on lui avait confié son nom. Alors il ne devait pas savoir qu'elle avait une fille. Et le bluffe pouvait continuer.

L'écorché : - Oh, et inutile de tirer en pleine tête. La chaleur de l'impact suffira a me transformer en torche humaine, tout comme vous.

La jeune femme esquissa un sourire, visiblement nullement impressionnée, alors que son esprit englué dans la douleur sourde ramait pour tenter d'évaluer la distance et le rayon d'action probable de ses explosifs, malgré son incompétence dans ce domaine, réflexe bien normal quand on souhaitait conserver sa vie.

Elle fallait qu'elle agisse vite. Elle ne pouvait évidemment pas prédire exactement le rayon d'action effectif de l'Encagoulé, mais elle pouvait encore évaluer la distance et la force nécessaire pour lui envoyer son flingue dans la tronche et l'assommer. Continuant de sourire, elle approcha son doigt de la détente comme si elle allait tirer.

Jaina : - Je prends le risque.

Elle allait amorcer un mouvement fulgurant où elle allait devoir employer toute son énergie, une silhouette se glissa silencieusement derrière elle. Elle eut la surprise, en tournant son regard fatigué, de voir Roxane. Surprise, non parce qu'elle était parvenue à s'échapper, elle était persuadée que sa seconde avait des compétences d'une qualité indéniable, mais parce qu'elle avait été... Probablement... Modifiée, avec une célérité étonnante. Elle savait que pour la première injection, en tant que projet 48A704 et donc quatrième cobaye du septième groupe, elle avait passé plusieurs jours enchainée à une table médicale, sans moyen de se nourrir ou de boire, aveugle, martyrisée, comme flottante dans cette atmosphère blanche et lumineuse de l'hôpital de Raccoon City. Là, l'opération avait dû prendre en tout et pour tout une poignée d'heures.

Roxane : - Personne ne vous a dit que c'est cette arme qui allait vous toucher.

Nom de Dieu, elle n'allait certainement pas se permettre de laisser échapper un soupir à cet instant, ni même d'avouer à Roxane son soulagement. En même temps, la situation n'était pas si critique que cela. Elle n'allait même pas s'autoriser un regard de reconnaissance. Ce n'était pas l'envie qui lui manquait, seulement le contexte s'y prêtait mal. Il fallait juste qu'il lui apparaisse normal que son sous-lieutenant apparaisse à cet instant précis. Comme si elle était attendue. Alors qu'elle n'était même pas espérée. Roxane devait être sacrément fidèle et respectueuse de la hiérarchie policière pour ne pas avoir abandonné son capitaine alors que même les membres les plus aguerris des S.T.A.R.S. s'étaient un jour débinés en situation d'urgence. Elle avait été familiarisée avec la fuite. Un sifflement. Avec une grâce prédatrice, la lame - sa lame, comme la reconnut Jaina - se planta dans les reins de l'Ecorché. Une blessure que Jaina aurait volontiers reconnue comme létale, mais qui finalement ne l'était pas.

Avec un professionnalisme et presque une négligence stupéfiante, Roxane se présenta à l'encagoulé. Elle fit quelques traits d'humour, auxquels Jaina se contenta de hocher la tête. Un peu mollement, le capitaine de la BSAA se laissa entraînée par Roxane, un peu à l'écart. Elle lui tendit une nouvelle arme.

Roxane : - Tenez capitaine. Avec cela, vous aurez plus de chance de l'abattre. L'autre est un peu défectueux. Je profite de ce moment pour vous prier de bien vouloir me pardonner pour mon absence. J'ai été retardée.

Jaina, presque immédiatement, fit monter une balle dans le canon avec un claquement sec. Elle se retourna vers l'encagoulé qui devait souffrir, le couteau ayant probablement entraîné une hémorragie interne et peut-être même des dégâts à la colonne vertébrale. Le type était à sa merci.

Roxane : - Vous me ferez penser à aller dans un tabac une fois que nous aurons fini avec ceci. Je dois y chercher quelque chose.

C'est là qu'elle le remarqua et qu'un éclair de désespoir traversa le coeur de la jeune franco-russe. Le bandeau, toujours parfaitement ajusté, de Roxane, semblait s'effacer et une pupille rouge la fixait. Elle en avait le sentiment, alors que le tissu était toujours en place. Un oeil rouge qui répondait au bleu glacier de la pupille gauche de Jaina. Elles étaient... Semblables. Elle allait ouvrir les lèvres pour en toucher deux mots à Roxane, quand des râles, des bruits de pas irréguliers, se firent entendre. Immédiatement, Jaina se mit en position de combat : elle s'éloigna légèrement de Roxane, se campa de nouveau sur ses jambes, leva les bras, le regard concentré, le coude légèrement brisé pour absorber le recul de son tir potentiel. Ils étaient bel et bien dans un ancien laboratoire d'Umbrella. Dans une aile, en tout cas. Ce qui annonçait une fuite plutôt délicate...

Jaina : - Quelle merde.

Un bruit, léger, l'odeur de l'essence, un cliquement métallique qui n'était que bien trop familier à Jaina, fumeuse invétérée. Un zippo qui claque. Elles avaient encore commis un impair, en détournant leur regard de l'Ecorché. Les yeux de la jeune femme suivirent la trajectoire elliptique du flacon qui s'écrasa près d'elle. Elle saisit Roxane à la taille, la protégea des flammes léchantes de son dos, et ouvrit le feu vers les zombies, qui leur coupaient la retraite. Sa chemise, poisseuse des liquides organiques auparavant nommés, allait, incessamment sous peu, se mettre à flamber, pour que la couche superficielle de l'épiderme déjà fortement meurtri de Jaina se mette à fondre, révélant la mince couche de graisse qui enflammerait tout son corps.

Etonnament, elle s'y refusa.

Elle portait sous sa chemise, une sorte de débardeur blanc. Elle ouvrit donc sa chemise à 400$ sans aucun remord, s'en défit prestement, et s'en servit pour étouffer les flammes, geste qui pouvait sembler dérisoire, mais qui n'était finalement pas idiot : la couche de boue et de sang avait accroché et épaissit le tissu, et l'avait raidi. Elle projeta Roxane dans le passage ainsi pratiqué entre les flammes, y mettant toute la vigueur que l'urgence lui fournissait. Elle-même sauta par-dessus les flammes, aperçut la silhouette lointaine de l'homme qui levait une...

Une arme. Il va nous tirer dessus et on ne peut nous rater que si on est aveugle et atteint de Parkinson

Jurant entre ses dents blanches, elle entoura Roxane de ses bras, tout en pivotant sur elle-même. Elle encaissa un coup, peut-être deux, elle confondait l'impact et la détonation, dans le bruit, la fureur et le sang qui coulait. Sans un mot de douleur, sans un gémissement ou une plainte, elle se retourna, le Smith and Wesson dans sa main gauche, leva son arme, mais l'agresseur avait disparu à la faveur de la fumée qui commençait à ramper dans le couloir. L'inhalant, Jaina se mit à tousser. Elle se baissa instinctivement, saisissant Roxane à l'épaule, la poussa à faire de même, la main qui tenait son pistolet sur sa bouche pour tenter, de manière un peu vaine, de filtrer l'air corrompu. Elle eut juste le temps d'entendre la dernière phrase de leur ennemi, dernier trait d'humour déloyal avant sa fuite :

L'Ecorché : - Avec les amitiés du Consortium!

Sale fils de !...

Elle toussait à en pleurer. Peut-être que pleurer était la solution, pour réhydrater ses yeux agressés par la fumée irritante. Sa main glissant des épaules à la taille de Roxane, elle la souleva littéralement au lieu de l'aider à marcher, tandis qu'elle rengainait l'arme qu'elle lui avait confiée. D'un pas étonnamment rapide, elle s'enfuit du couloir meurtrier, laissant les zombies désemparés derrière le mur de flammes.

Jaina : - On va tenter de s'enfuir de ce merdier, mais je ne vous promets rien, je n'ai pas encore téléchargé cette carte dans mon GPS.

Mais de toute façon, les laboratoires d'Umbrella étaient tous configurés de la même manière. Elle bifurquait instinctivement, et jamais ne se trompait. Elle emprunta un ascenseur qui marchait encore, titubante, puis, d'une façon totalement surréaliste, se trouva à la surface, à la faveur de la lumière de la nuit tombée. Jaina fut reconnaissante, et l'air plutôt pur et frais de l'aube lui irrita de nouveau la gorge. Elles étaient proches de la route qu'elles avaient quittée, il lui semblait plus d'une éternité auparavant.

Jaina : - Je vous ramène à la base.

Et là, elle s'autorisa un sourire. Elle soutenait toujours la jeune femme, mais c'était bien elle qui était en bien piteux état. Elle n'en laissait rien paraître, se tenant fière et droite, alors que tout son dos lui suppliait de faire une pause. Elles se dirigèrent vers la voiture de Jaina.

Jaina : - Vous avez été brillante. Echapper à Umb... Au Consortium aussi rapidement... C'est un record à battre, vraisemblablement.

Arrivées à la hauteur de la petite Jeep Wrangler de Jaina, elle remarqua que ses roues étaient... Crevées. Cadeau d'un abruti, à moins que l'Encagoulé ne soit passé par là. Elle eut envie de fondre en larmes, mais resta très digne.

Jaina : - Putain.

Un simple mot. Elle dégaina son smartphone qu'elle avait laissé dans la voiture, bienheureux hasard, sans quoi il aurait certainement péri, au moins dans la chute, sinon dans les flammes. Elle marqua mentalement l'emplacement où elles se trouvaient : elle aurait probablement à remettre les pieds dans le laboratoire désaffecté, plus tard. Elle appela la base.

Jaina : - Rico. Oui, c'est J. On a eu un petit problème sur la route du retour. Oui, je sais, tu m'attendais pour la ronde de ce soir. Désolée. Tu peux m'envoyer un véhicule, on doit être à 5 bornes de la base, sur la route habituelle, à côté de la forêt. Ouais. Je veux une douche et éventuellement qu'on nous évacue vers un poste médical. Merci.

Lasse, Jaina s'assit sur le bord de la route. Elle sortit son paquet de cigarette, maculé de sang et de boue. Elle le jeta, se releva, ouvrit la boîte à gant de sa voiture, déchira le paquet d'une de ses cartouches, et retira l'emballage de ses nouvelles clopes. Elle en alluma une avec une allumette qu'elle craqua sous son talon, tendit le paquet à Roxane.

Jaina : - Bienvenue à Londres.

Elle avait l'air bien pauvre, son visage d'une saleté épouvantable, presque repoussante, où la couleur très claire, voire translucide de son oeil gauche, contrastait violemment, en débardeur dans la nuit glacée, les épaules et le dos déchiquetés, son pantalon de costume définitivement ruiné et ses cheveux en bataille. Elle adressa un clin d'oeil complice à Roxane, et patienta jusqu'à l'arrivée de Rico, dont la Jeep militaire se détacha rapidement à l'horizon rosée de ce crépuscule mouvementé. Elle irait se doucher. Puis ensuite, elle irait prendre du glucose. Elle irait dormir. Et peut-être qu'un jour elle se débarrasserait des balles qui étaient plantées dans sa chair. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, elle était passablement... Fatiguée.

[HRP : Je vous owned tous, j'ai fait 6 pages ! \o/]
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MessageSujet: Re: Patrouille... Errances.   Jeu 22 Juil - 19:54

Le temps sembla s'arrêter alors que la bouteille enflammée balancée par le « guignol » décrivait un arc de cercle avant se s'écraser sur le sol. La chaleur fut brusque, Roxane fit un bon en arrière pour éviter à son manteau de brûler. Jaina la plaqua contre le mur, faisant barrière aux flammes de son dos. Le sniper entendit les battements emballés de son cœur, sa respiration sifflante, et surtout elle eut l'impression de pouvoir « entendre » la douleur de son capitaine. Elle avait bien fait de revenir. Même si cela avait été sans aucun doute inespéré. Mais un subordonnée ne laisse jamais son capitaine dans une situation merdique. Jamais.

Les zombies arrivèrent peu après, galopant droit vers elles avec un regard gourmand, leurs yeux rouges luisant comme des braises sous le reflet des flammes. Visiblement, ils avaient encore très faim. Et la jeune femme voulait bien croire que la chair de deux agents d'élite devait être un excellent dessert. Cela dit, ils leur fraudaient sans doute attendre encore un peu avant de pouvoir y gouter.

Jaina retira d'un geste sa chemise raidie par le sang et la boue, entreprenant ainsi d'étouffer un peu les flammes. Roxane salua l'idée qui était bonne et qui se révéla être très efficace. Les deux femmes s'engagèrent rapidement dans le passage et c'est à ce moment là que l'homme décida d'achever ce cafouillage général en levant une arme. A nouveau, le capitaine protégea le sniper, récupérant deux balles par la même occasion. Roxane retint un soupir exaspéré, ce mec avait vraiment abimé son capitaine pendant son absence. Elle s'en voulait de ne pas avoir été là, pour remplir son rôle. Surtout que tuer deux scientifiques qui racontaient n'importe quoi, ce n'était pas un exploit.

Jaina : - On va tenter de s'enfuir de ce merdier, mais je ne vous promets rien, je n'ai pas encore téléchargé cette carte dans mon GPS.

Roxane se laissa guider par la jeune femme qui semblait très bien connaître les lieux. En quelques minutes, elles avaient quitté le petit enfer des sous sol. Enfin, elles atteignirent la sortie. L'air frais de la nuit s'engouffra dans les poumons de Roxane qui toussota, mais avec soulagement. La nuit réconforta le sniper. Elle aimait l'obscurité depuis que celle-ci lui avait permis d'accomplir une mission sans avoir à se casser un ongle.

Jaina : - Je vous ramène à la base.

Le capitaine sourit. Il y avait du soulagement dans sa voix. Elle soutenait toujours Roxane, mais c'était bien elle qui était la plus abimée, en débardeur blanc dans le nuit fraiche. Roxane retira son manteau et le plaça sans un mot sur les épaules de son capitaine, fermant le premier bouton pour éviter qu'il ne glisse des ses épaules.

Jaina : - Vous avez été brillante. Echapper à Umb... Au Consortium aussi rapidement... C'est un record à battre, vraisemblablement.

Roxane : - Brillante ? Non pas vraiment. Je ne pouvais tout simplement pas vous laisser avec des malades mentaux en blouse blanche. Je sais que vous pouvez vous défendre, je n'ai aucun doute là-dessus, mais voyez-vous, abandonner un collègue, cela ne fait pas partie de mes fonctions. Alors j'ai dû utiliser une méthode un peu violente pour ceux qui me retenaient. Je vous présente une fois de plus, mes plus sincères excuses pour mon retard.

Elle s'inclina à nouveau. Roxane avait commis une faute, une erreur, qui la rendait folle de rage. Elle se décevait aussi. Cela n'était encore jamais arrivé. Comme pour la calmer, la douleur revint, un raz de marée qui lui arracha un grognement étouffé. Son sang semblait brûler dans ses veines. Et ce qu'elle avait vu pendant sa période comateuse lui torturait l'esprit. Elle lâcha un instant ses pensées lorsqu'elle entendit la voix de Jaina qui lachait un « putain » simple et consterné. Les pneus de sa voiture étaient crevés. Ce n'était visiblement pas leur soirée. Le capitaine passa un rapide coup de fil, appelant un collègue pour qu'un véhicule vienne les récupérer. Elle s'assit ensuite sur le bord de la route, très lasse et alluma une cigarette.

Jaina : - Bienvenue à Londres.

Elle tendit le paquet à Roxane, qui secoua la tête et refusa poliment.

Roxane : - J'ai inhalé suffisamment de fumée pour ce soir capitaine. Merci.

Elle resta debout à côté d'elle, mains dans les poches, sa chemise soigneusement cachée sous sa veste. Physiquement, elle ne s'en tirait pas trop mal. Sa silhouette bien droite, son profil aristocratique et froid n'avait pas changé depuis le rencontre des deux jeunes femmes. Le sniper avait la même posture nonchalante, le même regard d'acier dur. Mais derrière le bandeau de tissu noir, son œil brillait. Elle ferma la paupière, en se demandant ce qui allait se passer après l'injection de ce fameux virus. Sur le moment, cela ne lui faisait ni chaud ni froid.

Elle promena son regard autour d'elle. Il n'y avait rien, tout était tranquille. Cette ambiance coupait étrangement avec celle du sous-sol. Roxane s'adossa contre la voiture et regarda la jeep arriver et s'arrêter à quelques mètres d'elles. Sans un mot, le sous-lieutenant souleva son capitaine et l'installa à l'avant. Elle souffla quelques mots au chauffeur avant de s'assoir à son tour.

Roxane : - Au fait capitaine, pourrai-je récupérer mon beretta, s'il vous plait ?

Il le lui fallait. Le sentir un instant dans sa main pour être rassurée. Car oui, la jeune femme devait être rassurée, de savoir qu'en cas de pépin sur la route, elle pourrait enfoncer la crosse de son arme le plus profondément possible dans le crâne de quelqu'un. Il fallait qu'elle se défoule. Une petite voix lui souffla de bander son coude qui saignait abondamment, imbibant sa chemise et sa veste d'un liquide sombre et poisseux. Roxane dénoua sa cravate et fit un garrot un peu au-dessus de la plaie, provoquant une autre vague de douleur. Elle s'y habituait à cette souffrance omniprésente, qui aimait la chatouiller à chaque seconde. Ce n'était pas une forte douleur ou alors si elle l'était, le sniper en avait perdu conscience. La jeune femme la sentait tout simplement, comme quelqu'un qui vous accompagne partout et qui devient assez collant à force.

La jeep entra enfin dans la ville. Le bruit et la lumière des néons agressèrent Roxane dont les sens avaient été surexcités et très sollicités peu de temps avant. Le chauffeur s'arrêta non loin de la Tamise. La jeune femme descendit rapidement, se posta à côté de Jaina dans un salut raide. Après avoir récupérer son arme, elle la salua, ne cherchant pas à récupérer son manteau.

Roxane : - Je ne vais pas vous souhaiter de passer une bonne soirée, pour ce qu'il en reste, ce serait de très mauvais goût. Alors prenez soins de vous capitaine. Je vous prie de m'excuser pour ce soir. Au revoir.

Elle s'inclina. La jeep redémarra et s'éloigna rapidement, se perdant dans le trafique londonien. Roxane fit quelques pas, et retrouva rapidement sa Mercedes, qui l'attendait gentiment, intacte. La jeune femme regarda autour d'elle et repéra un tabac non loin de là. Elle y entra, ne se doutant pas qu'elle devait faire horriblement peur et demanda avec sa froideur habituelle :

Roxane : - Pourriez-vous me fournir une dizaine de havanes s'il vous plait ?

Le vendeur s'exécuta, lui jetant des regards apeurés. Elle sourit, paya et ressortit.

S'installant derrière le volant de sa voiture, elle verrouilla les portes et resta longuement immobile. Le cuir était tellement confortable qu'elle manqua de s'y endormir. Roxane alluma le moteur, mit le chauffage et sortit un des cigares qu'elle venait d'acheter. Ouvrant la boîte à gants, elle trouva un zippo offert par son ancienne équipe du GIGN à son départ. En argent, un aigle était vaguement esquissé dessus. Elle sourit. Et alluma le havane. La fumée remplit doucement l'habitacle. Ce parfum la rendait nostalgique, depuis qu'elle avait vu ce qui semblait être son père en fumer.

Enfin, elle donna un coup de volant et retourna à la base, roulant lentement pour mieux savourer ce moment paisible. Une fois la voiture garée, elle attrapa veste et cigare et se rendit d'un pas rapide à sa chambre, s'écroulant sur le lit, laissant enfin la douleur l'envahir totalement. Elle ferma les yeux, sans grand espoir de pouvoir dormir, son esprit divaguant un peu.
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